CASCADE DE SAINT-CLODD
si longtemps, tant de causes de meurtre et de germes de destruction.
Levons l’ancre! Que notre canot nous promène doucement de Sèvres à Suresnes, de Neuilly à Asnières. Pourrions-nous aller plus vite? En vérité, non. Une mollesse se dégage, comme un arôme, de ces rives paresseuses et nous alanguit les muscles. A regret l’on s’éloigne de ces jardins penchés vers le fleuve comme pour s’y caresser, de ces maisonnettes omnicolores, dont les hôtes semblent si heureux, de ces pelouses, disposées comme des tapis pour les longues siestes, et de ces îlots qu’un semeur de paradis terrestres semble avoir jetés çà et là. Il y a pourtant du mouvement, du travail, près de ces rives si élégantes ; des courses au Bois de Bou-
LES ENVIRONS DE PARIS
logne, des noces à Suresnes, des industries à Puteaux, mais on ne les entend pas; à peine on les aperçoit dans le calme du luxe environnant.
Au delà d’Asnières, changement à vue. La verte Seine, contaminée, roule la fange des cloaques parisiens, le charbon poudre ses bords, et des cheminées géantes les jalonnent continuellement de Clichy-la-Garenne à Saint-Denis. Docks immenses de Saint-Ouen, teintureries, fabriques de produits chimiques, usines de tout genre, se suivent, s’emboîtent les unes dans les autres, et vous croyez voir une de ces grandes cités industrielles du Nord, aux maisons embru-