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CHAPITRE XI

L’OISE

... Le train dépasse Saint-Ouen-l’Aumone et traverse, en sifflant, l'Oise, ponctuée d’îlots touffus ; devant vous, en pleine lumière, une muraille de rochers et de remparts bordant la rive droite, se dresse comme une falaise de côte normande ; au-dessus de cette muraille, d’une blancheur de craie, des maisons mêlent confusément leurs toits, que domine une tour énorme, sombre et couronnée de clochetons. Vous êtes à Pontoise. Ce premier aspect illusionnant de cité gothique, presque orientale, est la seule originalité de cette petite ville, dont le gouailleur parisien ne peut prononcer le nom sans esquisser un sourire. Il y a longtemps que ses remparts ne protègent plus le château fort des comtes du Vexin français, où résidèrent plusieurs rois, où Louis IX se plaisait infiniment. Plus d’un établissement religieux florissait auprès de la demeure royale : abbayes de Saint-Mellon, de Saint-Martin, un couvent de Cordeliers, dont le superbe réfectoire abrita trois ou quatre fois, en 1G52, en 1720, en 1753, les séances du Parlement exilé ; tout cela a disparu.

Des édifices du vieux temps, l’église Saint-Maclou, dans la ville haute, subsiste seule et n’est pas un chef-d’œuvre ; mais la banalité ambiante rehausse le mérite artistique de ses jolies portes de la Picnaissance, de sa chapelle de la Passion, due à la munificence de Charles V, et renfermant un Ensevelissement du Christ, composé de personnages de grandeur naturelle, sculptés dans le marbre et groupés avec talent. En la ville basse, un peu neuve, mais grandis santé, étant proche de la gare, le quartier de la Viosne semble détaché d’une ville des Pays-Bas. Un artiste aimera l’étroite rue des Attanets, bordée de maisons chenues, courbées, aux charpentes dénudées, aux porches surbaissés, avec des bancs de pierre hospitaliers posés sur le seuil depuis des siècles. A côté, rue de Rouen, comme dans un coin perdu d’Amsterdam, la rivière, formant la chaussée, baigne les assises de maisons blanches, de grands moulins, dont les façades se reflètent dans le courant limpide ; les portes

L’ILE-DE-FRANCE

s’ouvrent au niveau de la Viosne, et des seaux pendant des fenêtres au bout de longues cordes dévidées parlejeu des poulies, permettent aux habitants de réaliser chez eux les miracles de la propreté hollandaise.

Si l’on s’arrêtait ici, on n’aurait pas de la vallée de l’Oise une idée

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