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CHATEAU DE LA FERTÉ-UILON

jusqu’au coucher du soleil, et le gardien vous permet, moyennant une honnête bacchich, de le visiter pendant quelques instants. 11 n’en faut pas davantage aux simples mortels pour contempler la restauration froide, glaciale, mais on l’assure très exacte, très fidèle, d’un type fameux de l’architecture militaire au quinzième siècle. L’œuvre de Viollet-le-Duc est un chef-d’œuvre. Non seulement les grandes parties de l’édifice, les corps de logis, les donjons, la chapelle, les tours, les échauguettes, les souterrains sont restitués, mais l’ornementation même en a été recomposée, et certaines salles sont décorées dans le goût le plus pur et le plus somptueux de leur époque. De pieux bas-reliefs, des archanges, des guerriers illustres encastrés aux faces des tours et à la porte d’honneur, mettent le château sous l’invocation des puissances célestes et des héros révérés au moyen âge. Devant le grand perron, la statue équestre, en bronze, du duc Louis d’Orléans, sculptée par Frémiet, représente un fier chevalier armé de toutes pièces, la lance au poing. Dans une série

L’ILE-DE-FKANCE

de pièces trop peu nombreuses, des figures fantastiques d’animaux et d’êtres surnaturels s’enroulent dans les lambris, des moitiés de hêtres s’étalent sous d’immenses cheminées blasonnées; aux chambranles, aux tentures, aux longs bandeaux appelés litres, des sculptures, des peintures interprètent des fabliaux, des légendes et des scènes domestiques. En une sorte de frise à la détrempe, tou te la vie d’un

chevalier, minutieusement suivie de l’enfance à la mort, se déroule avec beaucoup de finesse et de naturel. La vaste salle, dite des Preuses, offrent les statues coloriées des neuf preuses chantées par les trouvères. Si tout cola n’enflamme pas plus l’imagination qu’un problème épineux d’archéologie résolu à merveille, c’est du moins extrêmement curieux.

Ayant vu le château, les touristes passent leurs vacances à courir la forêt. Elle est charmante, cette forêt accidentée, fraîche, sans rien de grandiose, mais pleine de sites imprévus, de ravines où l’on s’égare, de futaies qui semblent sauvages. Elle a des rochers, des montagnes même, toutes boisées, beaucoup de petites mares et

L’OISE

d’étangs, et dans ses éclaircies s’enfouissent quantité de petits villages, presque tous célèbres et intéressants. Quel touriste ne connaît pas au moins de réputation, le mont Ganelon, le montSaint- Mard, la chaussée de Brunehaut; Chaulieu et ses ruines galloromaines; le prieuré de Saint-Jean-au-Bois ; Bivecourt, patrie du grand Ferré, ce rustique patriote de la guerre de Cent ans ; et l’étang de Sainte-Périne, où les chasses royales et impériales se terminaient par des curées aux llambleaux? En vagabondant de la sorte, par les 14,000 hectares de la forêt, on arrive sans y penser à Compiègne.

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