CHATEAU DE MAI.NTENÜN
L'ILE-DE-FRANGE
pMerinagc national à l’autel de la Vierge Môre. On y venait de tous les points do l’Ile-de-France, de la Touraine, de l’Anjou, de la Bretagne et de la Champagne. Au loin d’ailleurs s’étendait la puissance de ses comtes ; Thibaut le Tricheur les avait rendus suzerains de Blois et de Champagne. Ses évêques, aimant, protégeant les arts libéraux, exerçaient une grande influence; leurs écoles étaient célèbres, mais les guerres barbares ruinèrent, incendièrent Sainte-Marie. La construction de Tédifice actuel ne fut possible qu’aux époques relativement paisibles du treizième siècle, au complet épanouissement des institutions féodales. Alors les générosités des fidèles, les offrandes dos pèlerins, les dons des rois de France, (lu clergé, des gros bourgeois cbartrains enrichis par le commerce des blés, permirent de concevoir et d’exécuter un monument colossal, long de 134 mètres, haut de 36, et dont l’une des flèches s’élève à 115 mètres, l’autre à 106 mètres. La consécration solennelle en eut lieu en 1260, en présence de saint Louis. Les siècles suivants y ont travaillé encore, mais sans en modifier le dessin général, et elle offre, sauf dans les détails, une presque parfaite unité.
Sa forme est celle d’une croix latine ; sa couleur celle de la cendre ; elle a trois portails, un à l’ouest d’une majesté roide et sublime, peuplé de personnages souverains, étroitement serrés dans leurs tuniques et leurs robes royales, et un à chaque face du transept ; ceux-ci, plus riches, présentant des porches merveilleusement décorés, animés par une multitude de personnages et d’animaux, des fenêtres, des roses, des galeries d’une ampleur étonnante et du dessin le plus large et le plus gracieux. Plus de neuf cents statues, plusieurs polychromes, s’abritent sous les arceaux, dans les niches, sous les voûtes, les archivoltes, et s’enlacent aux rayons des roses ; cette multitude de figures idéalement ascétiques, âmes incarnées, corps décharnés, expriment avec naïveté, mais avec énergie, les scènes et les leçons touchantes de l’Évangile, de la Bible, mêlées aux mythes du moyen âge et aux légendes de riiistoire locale. Un des clochers a l’inébranlable majesté d’une pyramide; l’autre, œuvre du seizième siècle, est ciselé comme un joyau do Cellini. Au dedans des nefs sobrement ornées, sévères comme la Pénitence, élancées comme la Prière, de beaux vitraux
LA BEAUCE
du treizième siècle répandent leurs couleurs lumineuses. Une étonnante clôture en pierre sculptée enferme le chœur dans une série de reliefs, pleins de verve, d’invention et d’éclat, dévelop-