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CHARTRES

pant la vie de la Vierge et du Christ. Sous la nef, d’autres nefs existent, cryptes du onzième siècle, très vastes, divisées en chapelles ornées de fresques et contenant chacune des reliques précieuses ; ici, dit-on, la chapelle Notre-Dame-Sous-Terre remplace un sanctuaire druidique. La cathédrale, où Henri IV fut sacré roi, le 27 février 1594, par l’évêque Nicolas de Thou, possédait jadis un

L’ILE-DE-FRANCE

trésor considérable; ce n’est plus qu’un souvenir : la Révolution l’a anéanti ou dispersé.

11 y a d’autres églises à Chartres ; mais en est-il une seule que l’on puisse remarquer auprès de Notre-Dame? On visite à Saint- Pierre d’éclatants émaux de Léonard Limousin représentant les apôtres, à Saint-Martin du Val, le tombeau d’un évêque du douzième siècle...

Bien paisible est la ville; à part dimanches et fêtes carillonnées, ses habitants ne quittent guère leur logis. N’est-ce point pour donner à leur foyer toutes les douceurs, qu’ils ont inventé leurs pâtés savoureux et autres friandises? Mais aux jours de marché, tout se met en branle : bourgeois et paysans, citadins et paysannes, se pressent autour des sacs de blés que leur mesurent les soixante femmes appelées leveuses. Cette fonction est leur privilège et elles forment une association divisée en douze sociétés singulièrement nommées Beaudouines, Berlines, Bezardes, Boutris, Brulardes, Deniandes, Grâces-de-Dieu, Jattières, Lutonnes, Menuisières, Mulotes et Roses.

Eloignons-nous de ce tapage, de ces cris, de ces jurons, de ces topes, et non sans avoir salué la martiale statue du héros chartrain, François Séverin des Graviers Marceau, admirable effigie sculptée par Auguste Préault, reprenons notre route à travers la Beauce... Mais des plaines encore, des plaines sans bornes... Il faut bien du courage pour se résigner à chercher dans ces plates solitudes le château superbe de Villebon, œuvre du quinzième siècle, bâti par Guillaume d’Estouteville ; heureusement ses tours crénelées, comme une butte dans un désert, le signalent au loin. Il a toute la physionomie rébarbative et puissante d’une résidence féodale; mais les appartements sont décorés à la mode de la fin du seizième siècle. Sully, son plus illustre propriétaire, y passa une partie de sa vieillesse, il y reçut Henri IV; il y mourut. Les lits à courtines, les fauteuils en cuir de Cordoue, les verdures de Flandre, encadrent fort bien son austère souvenir. Comme de raison, sa statue s’élève dans la cour d’honneur.

Pontgouin... Nous sommes presque à la limite de la Beauce, à la fin de notre voyage. Le bourg ne manque pas d’intérêt; les deux tours et la porte d’un ancien château des évêques de Chartres, le

LA BEAUCE

château de la Rivière, qui fut aux d’Alligre, les ruines de celui de la Plesse, le château des Vaux, l’entourent d’édifices élégants ou curieux. Nous nous arrêterons où devait commencer le fameux aqueduc de Vauban : ses fondations énormes se haussent encore au gué du Moulin de la Ville et, tout près, se dresse l’écluse de Boizard, énorme barrage destiné par l’illustre ingénieur à refouler les eaux de l’Eure jusqu’au voisin village de Belhomert-Guéhouville.

ÈN NORMANDIE

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