PYRAMIDE DE HENRI IV A ÉPIED
reproduisant les dessins de Ingres, Larivière, Rouget, Horace Vernet, Hippolyte Flandrin... Dans les caveaux de la Crypte, ces admirables peintures versent leur mystérieuse lumière sur le tombeau de Louis-Philippe et de la reine Amélie, du duc et de la duchesse Henri d’Orléans, ouvrages de toute beauté, sur des sarcophages parés seulement des noms célèbres du duc de Penthièvre, de la princesse de Lamballe...
... Suivons la vallée de l’Eure. La rivière côtoie la forêt de Dreux, coule entre des hauteurs boisées, arrose des taillis giboyeux, de fraîches prairies, qui fixent dans ce pays de chasse et de pêche plus d’une grosse fortune. Les châteaux, les parcs se suivent : le plus joli de tous, était jadis celui d’Anet, au confluent de l’Eure et de l’Avre; Philibert Delorme l’avait construit pour Diane de Poitiers en 1552; il devait ses sculptures à Jean Goujon, ses arabesques et ses vitraux à Jean Cousin. Henri 11 y séjournait et ce fut, sous Louis XIV, la
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voluptueuse campagne du duc de Vendôme. Celui-ci y recevait des poètes ; on dit que les muses, écrivait La Fontaine
par l’ordre d’Apollon,
Transportent dans Anet tout le sacré vallon ;
Je le crois ; puissions-nous chanter sous les ombrages
Des arbres dont ce lieu va border ces rivages !
Un château moderne a remplacé le chef-d’œuvre de la Renaissance, détruit sous la Révolution; ce qu’on en peut voir à Paris, dans la cour de l’École des beaux-arts, le fait assez regretter.
... Ivry-la-Bataille!... En dépit de ce surnom, la bataille du 14 mars 1590 n’eut pas lieu à Ivry, mais à 5 kilomètres, dans la commune d’Épieds : une pyramide, rétablie par Napoléon 1" en 1809, marque la place où était la tente du vainqueur « au panache blanc ». Aussi, nous l’avouons, ce n’est pas ce souvenir qui nous intéresse; ce n’est pas non plus l’église paroissiale bâtie par Philibert Delorme, ni les restes d’une abbaye, ni la vieille maison de l’Ange; ce sont les vestiges du château fort, qui fut le théâtre de l’affreuse histoire contée par Orderic Vital. Au rapport du chroniqueur normand, le sire Eustache de Breteuil, s’étant révolté contre son beau-père, Henri 1", dit Beau-Clerc, roi d’Angleterre et duc de Normandie, vint assiéger ce château que le chevalier Raoul de Horme défendait pour le roi. Très pressé par les hommes et les machines de guerre de l’assiégeant, le gouverneur lui envoya son fils, pour parlementer : il promettait de rendre la place avant trois jours, s’il n’était pas secouru. Eustache de Breteuil répondit de la sorte : il fit arracher les yeux au garçon de quinze ans qui lui parlait, et les jeta, ces yeux sanglants, par-dessus les murs de la forteresse. Raoul de lionne demanda justice au roi. Celui-ci avait en sa garde deux petites filles d’Eustache de Breteuil et de sa propre fille Juliane. A son tour, il fit arracher les yeux de ces enfants, leur fit encore couper le nez, puis ayant acculé son vassal à sa merci, il renvoya à leurs parents ces petits horriblement mutilés. Juliane frappée* au cœur, mourante, se soumit, demanda grâce; mais elle dut, à la face de l’armée ricanant de son humiliation, marcher dans l’eau et la boue pour obtenir son pardon et se traîner à genoux jusqu’au trône de son père impitoyable Qu’imager de plus féroce'?... »
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On s’éloigne à regret de l’agreste vallée de l’Eure pour gagner Évreux, sllué sur l’Iton, entre les terres de labour de l’Évrecin et les pacages de la campagne de Neubourg. Vous n’êtes pas encore en pleine Normandie, mais voici déjà ce qui la caractérise : les prairies parsemées de pommiers à raison de vingt-cinq, trente par hectares ; la grande propriété presque reconstituée, les bandes à perte de vue des cultures uniformes, les « mouchoirs à bœufs » des riches fermiers, dont le bail dure neuf ans, ou des particuliers qui exploitent euxmêmes, et pour se passer d’ouvriers, s’isoler, par économie et par vanité, transforment en prairies d’élevage la grasse terre de labour. Rares apparaissent la métairie, le modeste enclos. Le petit propriétaire, après avoir lutté à coups d’emprunts, à coups de procès, contre le capitaliste, s’est retiré ruiné par l’usure, vaincu. A présent il demande à l’usine un salaire misérable. Si la ville trompe les espérances du déserteur de la terre, il quittera le pays natal ; il émigrera : « sangement d’patis réjouit la brebis », assure un dicton mensonger. Le département de l’Eure a perdu ainsi en quelques années vingtcinq mille de ses enfants d’origine; ce triste mouvement continue; la solitude se fait, où était la vie, la morne, menaçante solitude des latifundia, triomphe mortel de l’égoïsme.
Si vous avez voyagé à petites étapes dans cette plate campagne, Evreux, au fond d’un val accidenté et verdoyant, vous semblera peut-être une jolie ville active. On y fabrique les produits habituels de la Normandie, la bonneterie, les draps, les étoffes; auxiliaires des fabriques, les cabarets y foisonnent. On ne travaille point sans boire et, après avoir gagné, il faut dépenser. Le bonheur, après un long repas, c’est de ÉvREox lamper, jusqu’à la satiété de l’ivresse, le cidre ou la dangereuse eau-de-vie du Calvados. Les ouvriers, les ouvrières, que l’atelier renferme du matin au soir dans une atmosphère étouffante, autour des métiers à pédales, se consolent ainsi des plus rudes besognes. Il en advient d’étranges maux : frappés d’horribles maladies nerveuses, d’épilepsie, de délirium tremens, combien disparaissent dans les cabanons de l’asile d’aliénés d’Evreux!
La ville est de physionomie moderne : l’antique chef-lieu des Ebun;vices et du grand comte du moyen âge, qui eut tant de maîtres
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différents, ayant été pris et brûlé maintes fois par les Normands, par Henri d’Angleterre en 1116, par Philippe-Auguste et par Du Guesclin. Un beffroi du quinzième siècle domine un damier de rues banales. Fréquemment retouchée, la cathédrale n’a que des parties de chefsd’œuvre : le portail du nord, œuvre de la Renaissance, une chapelle de la Vierge, vraiment admirable ; le chœur, expose un portrait de Charles le Mauvais, type saisissant de ruse, d’audace et de cruauté semi-barbares.
Plus curieuse pour l’antiquaire, l’église Saint-Taurin, reste de l’abbaye du même nom, rebâtie en 1026 par Richard II, offre les arcades romanes, à marqueterie de pierres rouges et hleues, dontsont ornées si curieusement les basiliques du Velay, de l’Auvergne. Sous la crypte, un tombeau de pierre gallo-romain renferme, dit-on, les ossements du saint auquel une verrière du chœur prête la taille d’un géant. L’évêché, d’allure toute féodale, s’élève sur les anciennes murailles de la ville, en partie encore entourée de fossés que bordent des promenades : l’allée des Soupirs, le pré du Rel-Ebat. Çà et là se rencontrent les magnificences ordinaires d’un chef-lieu de préfecture, une fontaine ornée de statues symbolisant l’Eure et ses tributaires. Pilon et le Rouloir; un musée exposant les médailles, les poteries du vieil Évreux, des tableaux.
A l’ouest d’Evreux, partout s’offrent aux regards les vastes plateaux, cultivés en céréales et en prairies, nommés campagne du Neubourg, campagne Saint-André, pays d’Ouche. Un lent voyage dans ces étendues de morne verdure serait fastidieux; nous pouvons du moins en faire le tour. Gomme de fossés naturels, elles sont bordées de frais vallons où coulent l’Avre, Piton, la Rille, la Charentonne, traçant de charmantes routes à travers un pays où la végétation puissante, fougueuse, sème les grands bois, les beaux arbres élancés, les fleurs, les herbes hautes dont les bœufs ont jusqu’au poitrail. L’industrie, très répandue dans les vallons, n’y est point triste, l’usine, au milieu d’un jardin, d’un pré, a l’aspect d’un château, et la ferme, en pierre et brique bien entretenue, semble une maison de plaisance. Sur l’Avre, Nonancourt, où sont établies les grandes filatures de M. YVaddington, Tillières, Verneuiî, dont la Tour Grise rappelle le passé féodal si agité; Laigle, Conches, sur Piton, sont des petites villes curieuses ou jolies. Il y a, dans ces localités industrielles, des ruinesfort remar-
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quables ; à Conches, celles d’une abbaye du quatorzième siècle; à Beaumonl-le-Rogcr, les murs à contreforts, l’église ogivale, les grottes, les statues mutilées, du prieuré de la Sainte-Trinité.
Reconnaissez à Rernay la franche Normandie, l’art normand, l’industrie normande, le commerce normand. Le portail de l’église paroissiale et celui de Notre-Dame de la Couture, qui fut une célèbre abbaye de femmes, sont dignes, par leur ampleur, la richesse de leurs détails, du temps où les Normands semaient la Neustrie d’une multitude de chefsd’œuvre. Les fabriques de toiles, de draps, de papier et de cuir, dont s’enrichit Rernay, sont organisées selon les doctrines de l’intérêt personnel bien entendu. Et s’il vous arrive d’assister à la fameuse foire aux chevaux, dite Foire Fleurie, parce qu’elle a lieu le jour des Rameaux, et de vous mêler à la foule des éleveurs en chapeaux de soie et en blouse, des maquignons en chapeau rond et veste ronde, vous saurez tout ce qu’un gars de la Normandie, éduqué ou rustaud, peut déployer de finesse, -de ruse et d’âpreté au gain. C’est là qu’il faut voir d’interminables disputes s’engager entre des adversaires défiants, dont la préoccupation continuelle est de ne jamais dire oui ou non, par horreur de la parole qui lie. Aux cris, aux jurons, aux colères feintes des adversaires, à leurs gestes indignés, stupéfaits, effarés, vous croyez qu’il s’agit d’un grand écart entre l’offre du marchand et la demande du client... Que vous êtes loin de compte! C’est pour cent, pour vingt sous, pour dix centimes, qu’ils dépensent tant de diplomatie, tant de verve, tour à tour tragique ou comique. Cependant tout finit par s’arranger, se conclure. On se tape dans la main et, dans le cabaret le plus proche du marché, on termine en buvant du meilleur cidre, du vrai bon bère. Dame! quand on a tant parlé, on
liEFFROI D EVREUX
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a chaud et quand i fait eut, un coup de besson fait plâsi. Mais pourquoi perdre le temps en contestations superflues? A quoi bon haricoter? Eh ! que voulez-vous : L'z' afj'é sont l' z' affé. Maintenant aboulez me vot' argent nïn ami. Pas de spectacle plus amusant joué par des comédiens plus accomplis.
Voyez-vous,
En Normandi è gent moult fière,
Je ne sai gent de tel manière.
Normant ne suntproz saint juslise :
Foler et plaisicr lor convient ;
Se reis soz piez toz tems les tient,
E ki bien les defolt et poigne,
D’els porra fare sa besoigne.
Orgueillos sunt Normant é fier E vantéor é bombancier;
Toz tems les devreit l’en piaisier Kar mult sunt fort à justisier.
Ces vers du roman du Rou, que Robert Waee met dans la bouche de Guillaume le Conquérant à son lit de mort, nous semblent peindre et caractériser les mœurs normandes aussi fidèlement que de nos jours les romans de Gustave Flaubert et les contes de M. Guy de Maupassant.
La « gent moult fière » de Rernay a prouvé son antique vigueur le 21 janvier 1871. Ce jour-là trois cents gardes nationaux, marchan sur la route de Broglie, au-devant du corps d’armée prussien du général Bredow, l’arrêtèrent jusqu’au soir. La ville paya cet acte de patriotisme d’une contribution de guerre de cent mille francs, et ne s’en plaignit pas.
Ce Broglie vers lequel se dirigeaient les patriotes de 1871 n’est éloigné de Bernay que de trois lieues. Son église est assez curieuse avec sa façade en poudingue brun, sa flèche de bois, ses arcades romanes du douzième siècle. On s’intéresse surtout au château dont les façades de style Louis XIV, solennelles et froides s’encadrent entre les grosses tours féodales de l’ancien fief de Cbambrois. Broglie appartient, depuis le dix-septième siècle, à la famille, italienne d’origine, qui lui a donné son nom. Cet illustre lignée de maréchaux de France et d’hommes d’Etat a sans cesse agrandi et embelli
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l’aristocralique domaine; mais la Révolution, les ayant proscrit, même en ayant fait périr l’im d’eux sur l’échafaud, n’a pas été sans en détruire quelques richesses. Aujourd’hui, une bibliothèque considérable, une galerie de portraits de famille où brille un chefd’œuvre, le portrait de Mme de Staël, par Gérard; une chapelle peinte à fresque et dallée de mosaïques copiées aux catacombes romaines ; un beau parc de 60 hectares ; c’est tout ce qu’il est permis d'en admirer aux visiteurs.
Des fabriques de draps animent Serquiny sur la Charentonne, Bidonne sur la Rille. Assez près de Brionne, au Bec-Hellouin, un dépôt de remonte, ô profanation ! s’est installé dans la célèbre abbaye du Bec fondée au onzième siècle. Ses écoles attiraient les étudiants de l’Angleterre, de la France, de l’Italie ; elles ont formé les docteurs scolastiques Lanfranc, saint Anselme de Canterbury, L’abbatiale, l’église du quatorzième siècle, gardent seules, par quel miracle? des statues, un tableau en émail de toute beauté.
A l’est de Bernay, au centre d’un plateau sec et fertile, la ville de Neubourg est industrielle. Sur la place de son hôtel de ville se dresse la statue du parfait honnête homme politique Dupont de l’Eure, président du gouvernement provisoire de 1848. Jadis, un vaste château, propriété du marquis de Sourd éac de Rieux, s’élevait au « Neufbourg » ; en 1661, la l'oison d'or, pièce à machine et à musique, sorte d’opéra du sieur Pierre Corneille y fut représenté pour la première fois par la troupe royale du Marais « en réjouissance publique du mariage du Roy et de la Paix avec l’Espagne ». La Muse du grand poète fit entendre sur cette scène improvise deé mâles accents bien dignes de son génie. On applaudit avec transport les vers du prologue, que les désastres du grand règne alors à son début, devaient rendre prophétiques :
A vaincre si longtemps mes forces s’affaiblissent,
L'Etat est florissant, mais les peuples gémissent ;
Leurs membres décharnés courbent sous mes hauts faits Et la gloire du trône accable mes sujets.
Voici Louviers. Sur l’Eure, divisée en plusieurs bras, se groupent la vieille ville toute en maisons de bois ; et la ville neuve en pierres et en briques, dessinée par l’industrie. La première renferme la
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très belle cathédrale gothique Notre-Dame, dont le portail, aux arcades moresques, est un chef-d’œuvre du quinzième siècle. Louviers eut beaucoup à souffrir de la guerre de Cent Ans : les Anglais s’en emparèrent en 1418 et y condamnèrent à mort cent vingt bourgeois, choisis parmi les plus riches. 11 s’adonnait déjà à la fabrication des toiles et des étoffes ; ses produits étaient recherches dans les grandes foires du moyen âge.
Depuis, l’industrie des draps à bas prix y tient le premier rang. Ses manufactures livrent au commerce quinze mille pièces, chiffre quadruple de ce qu’elles produisaient avant la Révolution. Les nouveautés pour pantalons, les flanelles écossaises en proviennent ; des fabriques hydrauliques et à vapeur, des filatures de laines, des moulins à foulon, disséminés aux alentours, s’y rattachent et donnent au pays un aspect extrêmement actif.
Nous nous arrêterions à Pont-de-l’Arche, où l’Eure va grossir la Seine, s’il ne nous restait à visiter une des plus intéressantes parties du département de l’Eure ; si la Rille, au delà de Brionne, ne devait nous conduire dans l’arrondissement de Pont-Audemer, en plein pays du cidre, en vraie Normandie. Voyez, les prairies apparaissent littéralement couvertes de pommiers, plantés jusqu’au nombre de cent par hectare. Le paysan cullive ces arbres avec amour; il les soigne comme font de leurs raisins nos vignerons des crus célèbres. Pour en posséder davantage, sans cesse il essaye d'acheter de la terre; il économise et il emprunte. 11 en attcml son
VIEILLE MAISON A LOÜVIEnS
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revenu annuel, sa fortune, et ces calculs ont du bon; chaque hectare, au bout de quinze ans, rapportant en moyenne SO hectolitres de pommes, dont la valeur oscille entre 175 et 200 francs !
Ville assez pittoresque, Pont-Audemer asseoit sur la Rille, entre deux collines boisées, ses tanneries, ses mégisseries favorisées par la qualité et la quantité des eaux. C’est l’une des petites capitales du royaume de la Chicane, qui comprend presque toute la Normandie, et le plus fréquenté, sans contredit, de tous ses édifices, est le tribunal de première instance. Vrai paradis des avoués, des huissiers, des avocats et d’une multitude de catons sans diplôme, dont les consultations avidement sollicitées, descendent par l’effet de la concurrence, jusqu’au prix modique de 50 où même de 25 centimes! Tous ces gens servent l’impérieuse et dévorante passion des procès qui possède également citadins etpaysans d’alentour. Que voulez-vous? le bonheur de s’appauvrir, ou même de se ruiner ainsi, a pour eux des charmes irrésistibles. En vain les frais s’accumulent, en vain les assignations, les citations, les jugements, les grosses se multiplient; personne n’entend renoncer à ce qu’il croit son droit. 11 s’agit d’un point d’honneur. Plutôt tout perdre, plutôt coucher sur la paille et mendier son pain, que de s’accommoder avec son adversaire! La chicane a pourtant chez ces plaideurs enragés un sérieux rival, à savoir, le goût de la bonne chère. Après la poursuite d’un procès, la volupté suprême est de passer île longues heures à des repas plantureux, que l’on se rend mutuellement. On s’efforce alors de déployer à table un luxe de vaisselle, de linge, de service, une abondance de plats, dont le voisin soit jaloux. C’est encore une autre manière de lutter avec lui; c’est aussi une façon assez rapide de se mettre dans la gêne : vaut-elle mieux que l’autre? En vérité
En Normandie è geni moult fière
Je ne sai gent de tel manière.