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CLOITRE DE SAINT-MACLOD A ROUEN

ancien ; à la cathédrale Notre-Dame, bâtie sur les fondations de la basilique romane détruite par un incendie, l’an 1200. Edifice immense, long de 135 mètres, elle étale sur 56 mètres de largeur une belle façade dentelée, flanquée de deux tours. Commencée en 1202, tous les siècles suivants y travaillèrent; sa tour Saint-Romain fut achevée au quinzième siècle ; son autre tour, nommée tour de Beurre, fut construite au seizième siècle avec le produit des dispenses accordées pendant le carême. L’ogive simple, l’ogive gothique, l’ogive fleurie à profusion, le style plus élégant que mystique de la Renaissance, s’y combinent pour former un ensemble éblouissant, irrégulier, plein de contrastes.

Comme une prodigieuse floraison, s’élancent ets’entrelacentles arcs, les colonnettes, les pinacles, les gables dentelés, ciselés, trèfles.

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découpés à jour, les mille jelsd'une sève intarissable, les millecaprices d’une verve inépuisable et d’un ciseau docile à tout exprimer. Et ces fleurs de pierre, dans leurs calices, comme d’étranges pistils, nicbcnt des statues sans nombre, une foule de saints et de bienheureux à peupler un immense Paradis. Cette magnifique exubérance caractérise le style normand dans sa période de fécondité.

Elle éclate dans la décoration des trois portes principales, à chacun des étages de la tour de Beurre, et aux célèbres portails des croisillons, nommés portail de la Calende et portail des Libraires. Là, de plus, une multitude de petits caissons, véritables tableautins sculptés avec une fantaisie charmante, peuplent les murs d’autant de sujets à deux ou trois personnages, bizarres animaux à figures d’hommes et de femmes, hommes et femmes à têtes bestiales, représentant des fabliaux, des proverbes des légendes, des scènes gaillardes plus ou moins édifiantes, mais bien curieuses. Au milieu de l’église s’élève jusqu’à 148 mètres, altitude naguère la hue du ho si eu a hou en

vertigineuse, une tour

composée de deux étages anciens, que surmonte une flèche en fonte ajourée : ridicule ouvrage d’un architecte trop ingénieux, qui s est cru chargé de couronner une gare de chemin de fer.

Les nefs, le chœur, les chapelles de Notre-Dame renferment des œuvres d’art ; stalles aux miséricordes sculptées d’après les dessins de Philippe Viart, de 1457 à 1469, retables en marbre blanc, verrières du treizième, du quatorzième et du seizième siècles, le bel escalier

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de bois, dû à Pontifz, architecte du cardinal-archevêque d’Estouteville, et sculpté par Dcsvip;ne et Chennevières ; les tombeaux de Richard Cœur de Lion, dcGuillaumc Longue Epée, de l’évêque Maurice, mort en 1235 ; d’Henri le Jeune, frère du roi Richard; d’un président au parlement de Normandie et de sa femme. La chapelle de la Vierge, éclairée par des vitraux représentant les archevêques de Rouen, contient deux chefs-d’œuvre renommés ; le tombeau des cardinaux d’Amboise, tous les deux archevêques de Rouen et celui de Louis de Brézé, grand sénéchal de Normandie. Dans le premier de ces mausolées Georges d’Amboise, ministre de Louis Xll, dont Jean Goujon a sculpté l’effigie, et l’archevêque, son neveu, sont représentés agenouillés sur un sarcophage de marbre noir ; des statues en marbre blanc symbolisent les vertus qui leur sont attribuées : la foi, la charité, la prudence, la force, la justice, la tempérance. Une splendide décoration de marbre et d’albâtre les environne, un dais les recouvre ; de saintes figures et des figures païennes animent les bas-reliefs; des moines prient dévotement en des niches ciselées. Le mausolée de Louis de Brézé, élevé par sa galante veuve, Diane de Poitiers, et si souvent reproduit par la gravure, est, comme on sait, un délicieux ouvrage de la Renaissance.

D’étroites, noires, humides ruelles enclosent encore la cathédrale, l’archevêché aux grands murs féodaux flanqués des tourelles octogones : avec leurs sombres logis, aux triples encorbellements papelonnés d’ardoises et chargés de grotesques pendentifs, la rue Saint- Romain, la rue de la Croix-de-Fer, la rue des Bonnetiers, font songer aux coins disparus ou ignorés de la Cité de Paris et du quartier Haubert. Ici évidemment était le berceau et le centre du vieux Rouen; on l’éclaircit, on l’assainit peu à peu. Saint-Maclou, bien dégagé, y épanouit librement son portail aux superbes gables, broderie d’une abondance et d’une hardiesse extraordinaires, toile d’araignée filée par de surprenants artistes. Un vantail de cette église du quinzième siècle offre de gracieux panneaux attribués à Jean Goujon, et dignes de lui ; du milieu de son abside, monte en creux la flèche en pierre, dont on aperçoit de si loin la pointe aiguë.

De Saint-Maclou dépendait autrefois Y Aitre de Saint-Maclou, ancien cimetière de la ville, parfaitement conservé et fort intéressant. C’est un assez vaste préau, bordé de petits bâtiments en pierre et en char-

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pentes croisées, au long desquels règne une galerie couverte, soutenue par des colonnettesà chapiteaux de bois Les frises de ces construc¬

tions singulières, occupées aujourd’hui par des écoles, sont ornées d’attributs funèbres, fémurs et tibias, pioches, bêches et pelles de fossoyeurs, sabliers et larmes en virgules. Beaucoup plus curieux, les chapiteaux représentaient, cliacun par deux personnages sculptés

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Cil relief, une sctnc de la fameuse danse macabre; ils sont multilés, illisibles.

Entre cette nécropole du quinzième siècle, d’une couleur si romantique, et la grande place de l’Ilôtel-de-Villc, débouche la rue Eau-de- Robcc, la plus étrange et peut-être la plus malsaine de la ville. Robec, ruisseau violet et fangeux, coule, d’un côté, au pied de maisons basses, dont les habitants le traversent sur des ponceaux en fer ou en brique. Un luxe amusant de choses hétéroclites s’étale sur les tabliers de ces ponceaux, meubles et légumes d’occasion, haillons de la friperie, ruines et antiquités du bric-à-brac. De l’autre côté, d’anciennes demeures, hautes et cuirassées d’ardoises, versant sur le pavé glissant une ombre continuelle. Çà et là s’ouvrent des rues si étroites qu’un homme marchant de front en obstrue la chaussée, et ces rues sont hantées, ont des maisons, des portes, des fenêtres. 11 est diflicile d’imaginer cloaques plus pittoresques et plus misérables.

Sur la vaste place de l’Ilôtcl-de-Ville s’élève Saint-Ouen, sanctuaire d’une antique abbaye, présentant un immense vaisseau de style ogival, d’une régularité, d’une perfection irréprochables. Le chevet s’entoure d’un très beau jardin public. On ne manque pas de contempler dans l’immobile nappe d’eau des bénitiers les voûtes éperdues, reflétées tout entières. Ses sculptures racontent l’histoire anecdotique de la ville. A quel événement de laNormandie, l’abbaye de Saint-Ouen n’at-elle pas été mêlée? Au portail des Marmousets se dressent les statues de Clotaire I", de Richard 1", Richard II, Mathilde l’impératrice, Philippe le Long. Dans le chœur, la nef, subsistent quelques débris de ses trésors d’antan, dos vitraux exécutés du quatorzième au seizième siècle, de très belles tapisseries, le tombeau de l’abbé Marc-d’Argent, un tableau de Lesueur, un autre de Marigny.

L’hôtel de ville, bâti au dix-huitième siècle, dépendait de l’abbaye; il est largement approprié aux services municipaux ; les gloires de la ville de Rouen y sont honorées. La salle des cérémonies offre les portraits des deux Corneille, de Jean Jouvenet, de Fontenelle, de Restout, de Boïeldieu, de Géricault, d’Armand Carrel, ceux de quelques personnages de moindre talent : la Champmeslé, le père Daniel, le père Brumoy, Bois-Guilbert, le médecin P. Pouchot; n’oublions pas Robert Covelle de la Salle, qui le premier explora la vallée du Mississipi et donna son nom à la Louisiane. En bas du grand escalier, un

d’Arc, à travers les richesses, les curiosités, les antiquités de la ville moderne et brillante. D’abord, sous les ombrages du square Solferino, un hôtel spacieux renferme les nombreux chefs-d’œuvre de peinture et de sculpture de l’un des premiers musées de province. Plus haut, une tour s’élève, c’est la tour Jeanne-d’Arc, seul reste du châteaufort bâti par Philippe-Auguste, en 1203, sur la colline de Bouvreuil

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sarcophage orné d’un bas-relief en bronze, représentant le Naufrage de la Méduse, porte la statue du peintre Géricault, sculptée par Étex.

Prenez à gauche de l’hôtel de ville, vis-à-vis la statue équestre de Napoléon 1", la rue Thiers qui vous conduira dans la rue Jeanne-

ROÜEN — HOTEL Dü BO U R GT H E U O D L D E

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et démoli par Henri IV. L illustre héroïne fut emprisonnée clans ce cliuteau ; elle subit dans cette tour l’outrage d’un procès inique ; elle

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