H ONF LE UH — LA PLACE DU MARCHÉ
et les paysans cauchois s’étant soulevés, brusquement ils s’unirent à eux, se délivrèrent avec l’aide du sire de Monterollier, Jean de Grouchy. Les guerres de religion, la Ligue, apportèrent à ces villes de graves dommages; mais si elles sont déchues, c’est surtout parce que le Havre a pris pour lui seul le commerce des deux mondes.
EN NORMANDIE
château de style Louis XIII, propriété du comte de Labédoyère, la statue du patriote Jean de Grouchy dressée sur la promenade. Ilonfleur, plus vaste, plus important, plein de maisons anciennes et fort curieuses, a sa chapelle de Notre-Dame de Grâce, fondée au
Le superbe clocher de l’église Saint-Martin, œuvre du quinzième siècle, domine Harfleur, ses maisons du seizième siècle, son joli
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onzième siècle par Robert le Magnifique. Combien de matelots, de femmes, d’enfants, gravissant la côte ardue que surmonte ce pieux sanctuaire, vont, avant le voyage prochain, implorer le secours de la Vierge-Mère, et viennent au retour y suspendre l’ex-voto promis à Stella maris!
. Ayant doublé la jetée du sud, qui commande l’accès de
NOTRE-DAUE UE GRACE, A HONFLEDR
’avant-port du Havre, le vapeur s’embosse au grand quai, au débouché de la rue de Paris. Le Havre presque tout entier est déjà sous vos yeux, prs entre les falaises du cap de la Hève, la pointe de Sainte-Adresse et les hauteurs d’ingouville. Voici, à droite, ses bassins réguliers, chargés de navires de commerce, de paquebots; à gauche, ses bains Frascati, l’ombreuse allée du boulevard Maritime; devant vous, une rue aux magasins brillants; autour de vous, une foule diverseï française, anglaise, américaine, des émigrants,
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des négociants, des marins cosmopolites, des aventuriers, des désespérés, des coupables, des bannis, — les réguliers de la mer, et les chercheurs d’inconnu qui lui demandent la fortune ou la sécurité.
Tout ce monde cosmopolite se rassemble dans la rue de Paris, nâne devant ses jolies boutiques de coquillages, de madrépores, d’articles maritimes, s’approvisionne à ses magasins de vêtements, de
comestibles, aux étalages coquets; de bizarres dialogues, où la mimique vient en aide àla parole , s’engagent entre marchands et chalands étrangers. La rue de Paris traverse le Havre, de l’est à l’ouest, en rencontre tous les notables édifices : Notre-Dame, la plus grande de ses églises, le Musée, l’Arsenal, le Grand-Théâtre, le superbe Hôtel de ville, la spacieuse et gaie place Gambetta, bordée de cafés, d’hôtels luxueux; elle s’arrête aux quartiers larges, corrects et somptueux du haut négoce, de la riche bourgeoisie, que précède le gracieux jardin public embaumant la place de l’Hôtel-de-Ville. Ici, nulle fantaisie, point de vestiges du passé, à peine quelques maisons noires^ tout en ardoises. Ha disparu complètement, l’ancien Havre de Grâce où, l’an 1514, Guyon Leroy, commandant de Honfleur, se rendait par ordre de François 1°“' « afin d’y percer et construire un
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port propre et convenable pour recueillir, loger et maréer les grands navires, tant de nostre royaume que aultres de nos alliés ». On n’en a même pas gardé l’antique grosse tour, reste du château-fort où
Mazarin emprisonna les princes de Condé, de Conti et le duc de Longueville.
La ville est toute moderne, pratique, conforme au génie normand.
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D’ailleurs, bien que relativement jeune, elle a souffert; la tempête et la guerre l’ont endommagée plus d’une fois. Au rapport de ses annalistes, une marée extraordinaire détruisit, dans la nuit du 15 janvier 1525, la plupart de ses maisons neuves, noya même un grand nombre des colons venus enfouie pour la« populer », suivant les
termes de l’édit royal. Appelés par les protestants, les Anglais s’en emparèrent en 1 562 ; un coup de main les en chassa presque aussitôt, le 20 juillet 1563. La place les tentait ; ils y revinrent en 1694; mais Henri IV, Richelieu, Colbert, l’avaient fortifiée, agrandie ; elle était capable de résistance. Cependant l’escadre ennemie l’accabla do huit cents bombes, qui la brûlèrent en partie. Elle est magnifique aujourd’hui, le deuxième port de commerce de la France, un des premiers entrepôts du monde, un abri sûr, commode aux navires de tout grandeur. Plus de deux
mille navires, annuelle-
SEMAPHORE DU HAVRE
ment, entrent dans ses vastes bassins à la fois si élégants et si commodes, ils lui apportent des cafés des Antilles, les cotons de l’Amérique, en emportent des soieries, des articles de mode, de fantaisie. Ses docks regorgent de marchandises. Nulle part on ne construit de plus beaux vaisseaux que dans ses ateliers et ses chantiers immenses de la Société des Forges et Chantiers de la Méditerranée.
Mais l’art et l’archéologie ne sont point les affaires d’une cité à ce point positive. Banals sont les monuments publics. Le Musée, au pied duquel se dressent les statues en bronze de Bernardin de Saint-Pierre et de Casimir Deiavigne, par David d’Angers, possède cependant
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quelques cliefs-d’œuvre : un Poussin, un Carraclie, un Rubens, un Mui’illo, la Vierge de l’Enfant de Luciano del Piombo, l’Enfant pro-
LE HAVRE — MONDMKNT DE L E F Ê VRE-D ESNO D ETTES
digue de ïh. Couture, le Saint-Sébastien de Van Dyck; une galerie expose les antiquités nationales et locales réunies par le savant abbé