BÉPÜNSE AUX OBJECTIONS PRÉSENTÉES PAR M. ÉDOUARD CLAPARÈDE (I
Dans la livraison de juin 1870 des Archives des sciences physiques et naturelles, M. Edouard Claparède me fait l’honneur de faire de mon ouvrage le sujet de quelques obserViV tions critiques auxquelles je me propose de répondre en quelques mots; je remercie d’abord mon honorable contradicteur des termes très-flatteurs dans lesquels il a parlé des vues générales énoncées dans mon travail, ainsi que du soin et de l’exactitude qu’il a mis à résumer les opinions qu’il combat spécialement, et qui sont presque toutes renfermées dans le dernier essai de ce volume.
Les objections que M. Claparède parait faire à la théorie de la sélection sexuelle, s’appliquent aussi Lien aux opinions de M. Darwin qu’aux miennes; je n’ai pas l’intention de les discuter ici, car ce sujet doit être traité à fond dans le nouvel ouvrage dontM. Darwin a déjà annoncé la publication, et dans lequel, comme toujours, il apportera sans doute à l’appui de scs opinions une grande abondance de faits. Je vais donc m'appliquerà répondrcaux objections qui me concernent plus particulièrement.
Je lis à la page t5 des Remarques de M. Claparède : « Son U étude est consacrée à la coloration des oiseaux, et, absorbé « dans sonsujet, l’auteur oublie que d’aulrcs facteurs pcuvcnl ; « aussi bien que la couleur, attirer l’attention des ennemis n de la gent ailée. Un nid couvert d'un dôme volumineux « échappera tout aussi peu, grâce à ses dimensions, à l’œil « d’un animal en quête de proie, que quelques plumes bril- (I lamment colorées. Les gamins de nos villages en savent
(I) Publiée pour la première fois du vivant de M. Claparède dons le journal anglais Nature, 3 nuv. IS70.
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398 KÉPONSE AUX OBJECTIONS
« quelque chose, comme l’a remarqué M. le duc d’Argyll, et « ils ne réussissent que trop, à la présence d'un gros nid, à de* O viner l’oiseau caché et sa couvée, n
Celle objection ne me paraît pas très-sérieuse, pour deux raisons: en premier lien les nids, quelque grands qu’ils soient, s’harmonisent généralement par leurs teintes, avec les objets environnants, et, à distance, ne se voient pas aussi bien qu'une tache de couleur brillante. En second lieu, les « gamins » ne sont pas les principaux ennemis naturels des oiseaux, et quant aux oiseaux de proie, bien qu’ils attaquent et dévorent souvent les petits oiseaux, ils ne détruisent pas les nids eux-méraes.
Après avoir résumé d'une manière qui, je le reconnais, est très-impartiale, les motifs pour lesquels je pense que la sélection naturelle n’a pas agi seule dans le développement de l'homme, M. Claparède donne à entendre que j’ai si complètement abandonné mes propres principes darwinistes, que le lecteur n’aura pas de peine à me réfuter. 11 se borne par conséquent, à présenter quelques « réflexions ». Je regrette qu’îl n’ait pas cru devoir prendre la peine de faire davantage ; car je serais très-curieux de savoir comment mes arguments peuvent être si facilement réfutés, j’ai vainement cherché chex mes critiques autre chose que des objections très-générales. Néanmoins, je répondrai aux «réflexions» de M. Claparède, attendu qu’elles ont tout à fait le caractère de véritables objections. Il dit, pages 23-27 : « M. Wallace n’a pas re- « culé devant l’explication de la formation graduelle du chant « de la fauvette et du rossignol par voie de sélection naturelle. « La chose est toute simple, bien fou serait celui qui voudrait « recourir ici à l’intervention d’une force supérieure, amie a du beau I Les fauvettes femelles et les rossignols de môme c sexe ont toujours accordé leurs faveurs aux m&tes bons « chanteurs. C’était la conséquence de leurs goûts musicaux a et dés aptitudes harmoniques de leur oreille. Malheur aux « pauvres mêles à registre peu étendu ou à timbre fêlé; les « douceurs de la paternité leur ont été impitoyablement re- « fusées; ils sont morts de jalousie dans la tristesse et l’isoc lement. Ainsi s’est formée la race des bous chanteurs qui