‹ La Semaine de Quarante HeuresChapitre 5 sur 17 · D'A TRA NES · texte numérisé non relu

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adopté une convention limitant à7 usée 45 par jour la 11 durée du travail dans les mines de charbon. Aucun pays ee ; : n’a montré d’ empressement à apporter une ratification. Le =. mr: Parlement français n'éprouve aucune hâte à s'engager et le à

ministre du travail, le 16 janvier 1934, déclarait à la Chambre qu'il ne prendrait pas la responsabilité de mettre l'éco- s nomie française en état d’infériorité si la convention n'était DE pas appliquée ailleurs. D; Véro ES

Quoiqu'il en soit, il y a là une ligne de conduite q qui i peut

être retenue pour certaines catégories de travaux pénibles eu

ou dangereux (1). On pourrait ainsi songer, non seulement comme on l'a fait à interdire la manipulation de certaines matières nocives telles le phosphore (2), mais encore à dimiter la durée du travail des ouvriers exposés à certains ris- | ques de maladie professionnelle.

Il est vraiment bien des moyens de perfectionner me législation industrielle et sociale, tout en restant attaché à la loi de huit heures. Il suffit de procéder par exception chaque fois que Je besoin s’en fait sentir et que les possibilités économiques le permettent.

Il est peu probable qu'on arrive jamais à doser rigoureusement le travail selon les forces des individus. En ont cas, une règle commune et uniforme.va à l'encontre du but cherché, les tâches ayant une pénibilité fort différente les unes des autres.

Enfin, on en arrive à se demander si le souci de suppri-

{4} Cons. à ce propos Encyclique « Rerum Novarum » par. 38. « Le nombra d'heures d’une journée de travail ne doit pas excéder la mesure des forces des travailleurs, et les intervalles de repos doivent être proportionnés à la nature du travail et à la santé de l’ouvrier, et réglés d’après les circonstances des temps et des lieux ». Cette formule semble exclure toute régle. mentation générale et uniforme, £

(2) €f. Convention de Berne de septembre 1906 signée par la France.

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mer toute fatigue dans le travail doit être poussé à l’extrèême.

pas avantage à éviter toute peine. Sans doute un sport est

Du point de vue de sa conservation, l'homme n’a

en principe meilleur ‘qu’ un labeur acharné. Mais il n'est

pas toujours bon que le choix en soit laissé à l'individu. É Telle personne jouissant de ses aises, combremettra sa santé Æ dans des amusements ir ; telle autre s’amollira dans 'indolence et l'inaction. Fee Fee

D'ailleurs, tant de bienfaits sont-ils attachés à de longs

nd ? Des jJouissances trop répétées deviennent moins

Ée vives, arrivent à à satiété et tournent en dégoût. En second

lieu, des excès pernicieux sont à craindre, alcoolisme, paz-

. sions vicieuses, causes d’ affaiblissement et de ruine PEYRE

ques. ; | LL homme a tout avantage à s "occuper une partie de l’exis- tence sous une règle un peu stricte. Celle des « trois- huit » distribuant également le repos, le plaisir et le travail semble assez équitable.

L° entretien de l'énergie humaine er le travail. On

- peut objecter que 40 heures de plein effort sont suffisantes -

pour l'homme robuste, que la mise en application de la loi de 1919 n’a pas engendré la mollesse de la race, qu'il

n’en pourrait être autrement d’une semaine de 40 heures.

C'est là cependant matière d'expérience. Il convient de ne

-pas dissimuler les dangers possibles des réformes les plus charitables. Notre société n’a pas à s'orienter vers la décadence de ses vertus de constance et de fermeté.

La semaine de 40 heures serait donc peut-être prématurée. Le législateur a déjà toute une œuvre à remplir pour obtenir une meilleure utilisation des loisirs actuels. Il peut tou-

jours encourager la formation de sociétés sportives, musicales ou autres, la création de bibliothèques et de cours pro-

40 eu LA SEMAINE DE QUARANTE HEURES

fessionnels. Il doit développer les institutions d'épargne et de prévoyance, la construction d'habitations à bon marché, | l'aménagement de jardins -ouvriers. Qu'en dehors de l’usine, l'ouvrier ait une vie plus saine ! Ensuite on pourra moins redouter les inconvénients d’une liberté plus large.

Je souscris pleinement à l'opinion de M. Ch. Rist (1) : « Aucun sacrifice n’est assez grand lorsqu'il s’agit de maintenir l'intégrité morale et physique d’une partie de la nation, » Le sentiment d'humanité commande de soulager les misères, de n’épargner aucun effort pour réaliser le bienêtre et le bonheur des salariés. Mais ce n’est pas manquer à la générosité que de préférer à la réduction à 40 heures par semaine du travail d'hommes pleins de vigueur des réformes moins brillantes mais plus fertiles.

(1) La journée de travail de l’ouvrier adulte en France, 1898, introduction VI.

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