PAPE
doivent rester ot Mais tout renouvellement de ma-. lériel devient plus onéreux. mr TROP nr Ses Les frais généraux, non seulement porieroné : sur une 1e production moindre, mais encore sur un chiffre d’ affaires di minué lorsque l'industriel ne pourra pas rattraper le volume ancien par une élévation de ses prix. HIT AE En résumé, il me semble très ardu de calculer à nn les fluctuations probables des frais généraux. Ceux-ci se composant d’une multitude d’ éléments sur lesquels la;-se-
maine de 40 heures agit tantôt directement, tantôt de façon
très ailénuée, parfois immédiatement, parfois après un Iong retard.
Leur total progressera vivement au cas d' établissements conservant la même durée d'activité avec une production égale. Par contre, lorsque le fonctionnement sera de 40 heures, bien que l’état de prévision qu'on puisse constituer soit très approximatif et varie avec chaque branche industrielle et chaque exploitation, il est possible que très souvent les mouvements en hausse et en baisse des divers articles de ce chapitre, en se compensant mutuellement, aboutissent à une augmentation assez légère. Seulement, la totalité de ces dépenses portera sur une production fortement diminuée, ce qui grèvera plus sévèrement que dans le premier cas chaque unité fabriquée. &
Soit F les frais généraux précédant l'application de la réforme et k la différence avec le chiffre nouveau.
Si l’usine, au moyen d'équipes supplémentaires, reste ouverte le même temps pour conserver son débit ancien », l'unité de produit qui supportait déjà une fraction de frais
généraux égale à D subira de ce chef une augmentation À
: k ë üe "se P :
se a SEMAINE DE QUARANTE HEURES 59
Un élablisc ren nb alors d’ an plus avoir la pré-
| pondérance que sa production était abondante, à condition
toutefois que ses. frais généraux ne croissent pas dans des proportions excessives. Si l'industriel est obligé d’ entrete-
| É mir un outillage important, un service compliqué de sur- EC veillance, une administration ruineuse pour fabriquer et écouler Je même quantité de produits, il peut très bien se faire qu il rencontre de grands obstacles. Le rendement de ; 2
la grosse entreprise ne suffit plus à faire face à + POSE tation des charges.
- Supposons maintenant le fonctionnement d’une exploitation limité à 40 heures. La nouvelle production »! n est plus que les 5/6 de l’ancienne et chaque article fabriqué verra son prix de revient majoré du chef des frais généraux de ;
FHkLF F+64
Pop br
Lorsque les frais généraux resteront stables, Æ étant nul, la majoration par unité sera le er de la fraction antérieure, soit 20 %.
FPE supportent une ae ou sont par hasard l’objet d’une diminution, ce cinquième sera augmenté ou atténué fortement, ef cette variation sera très violemment ressentie, plus même que la différence de capacité productive entre
entreprises concurrentes.
Or, la quote-part des frais généraux dans le produit n’est pas moins élevé dans la grande usine que dans la petite. Sans doute, la première amortit des dépenses parfois énormes sur de larges quantités de fabrications qui, mal gré tout, lui reviennent bon marché. L’abondance de son outillage lui permet d'accroître la productivité-matières ho-
raire moyenne de l’ouvrier mais c’est en partie aux dépens
des autres éléments de son prix de revient. Les frais de publicité, d'administration commerciale, les impôts spéciaux aux sociétés anonymes et aux grands magasins, l'entretien e, l'amortissement d'un matériel énorme, l'existence d'agences, de succursales qui me sont pas toutes rémunératrices, les pertes considérables qui les frappent en période de crise et de chômage, grèvent très souvent la grande en-
treprise plus que la petite. Le rapport . ne s'établit pas à p ES
au bénéfice de la plus puissante. Il est d’ailleurs extrêmement variable avec les catégories industrielles et commerciales, avec les organisations et les situations particulières. En revanche, l'industriel moyen ou modeste comprimera vite ses frais généraux en temps de crise ou lors de l’application d’une réglementation nouvelle. Il commande à des rouages moins compliqués, éduque ses subordonnés à remplir plusieurs tâches sans renforcer la surveillance et la direction. Ces ateliers ne travaillaient pas à l'extrême limite de leur rendement, et, en tout état de cause, tout agencement complémentaire est moins onéreux. Pour combler un déficit de production une réorganisation délicate n’est pas indispensable.
M. Ch. de Fréminville (4) a fort bien mis en valeur les bénéfices instables dus à la tendance moderne de chercher à réaliser l’économie dans la production par l’augmentation du capital. Lorsque de grands capitaux sont. engagés, le chiffre des frais fixes devient tel qu'il ne peut plus être couvert que par une production très élevée par rapport à la capacité de l’entreprise. Par contre, les établissements employant un outillage plus simple, dont les frais fixes sont
(4) Op. cit. p. 524.
modérés et dont les dépenses les plus importantes (travail et matières) sont variables avec la production, sont moins vite frappés par une diminution de leur débit. C’est ce qui expliquerait les efforts frénétiques de certains hommes d’affaires pour maintenir la production au-dessus du point critique. Une semaine de 40 heures, non seulemant ralentirait considérablement la rapide ascension des bénéfices des grosses entreprises qui progressent vers leur plein rende- x ment, mais même fréquemment leur ferait subir des pertes accélérées avec l'augmentation nouvelle des frais généraux.
Dans un régime de liberté, le prix de vente doit tôt ou tard se fixer sur le coût de production le plus élevé. L’entreprise la plus efficiente n’est pas obligatoirement et éterrellement la grande. Tant que la concurrence est excessive, la lutte se poursuit entre vendeurs et les besoins d’écoulement abaissent souvent le prix de vente au-dessous du prix des différents services productifs. Un jour, le produit le plus cher va de nouveau fixer les cours. Or il peut très bien se faire qu'une semaine de 40 heures opère une rupture d’équilibre au détriment de certains grands établissements et qu’alors l’industrie modeste puisse regagner du terrain. Comme l’a dit Marshall (1) : « De même que chaque arbre a sa vie normale pendant laquelle il atteint sa hauteur normale, de même la durée pendant laquelle une entreprise d’un genre quelconque gardera probablement sa pleine vigueur est limitée par les lois de la nature combinées avec les circonstances de lieu et de temps, avec le caractère et le degré de développement de la branche d'industrie à laquelle elle appartient ». |
Je n’émets du reste ces réflexions que sous réserve et n’en
(1) Principes d'économie politique, liv. IV, ch. XIII.
trouve pas matière à vanter la bienfaisance à‘ins- semaine
de 40 heures. Il est bien- certain qu’ une telle évolution en- :
traîne des bouleversements pénibles. En outre, la réforme . n'aurait eu pour résultat que de tuer les établissements qu’elle soumettait le plus strictement à sa rigueur, à rendre difficile un essor industriel d'une grande ampleur, à donner à une nation une existence plus médiocre. Il est à sou- “haiter que la grande entreprise, sans être un engin de mort pour la petite, puisse continuer à vivre. Elle est en effet indispensable à un pays normal qui veut HAE une place enviable dans le monde. - \ | Uné réduction de la durée du travail serait enfin fréquemment une aubaine pour les artisans, les façonniers, tout un monde de producteurs indépendants. La réglementation, en fait ou en droit, ne les atteindrait guère. Disposés à travailler de longues heures, leur labeur recevrait une récompense accrue. k Curieuse conséquence de l'extension des réformes sociales que ce ralentissement du développement des grandes industries et cette multiplication des ateliers à domicile, du travail en chambre, des métiers individuellement exercés. Sans oublier que l'avant-projet de convention élaboré par le B. I. T. laisse en dehors de la réglementation les petits établissements industriels (1).
Les disciples de Karl Marx, fermement convaincus de la.
(1) Art. 2 ainsi conçu : La législation nationale aura la faculté d’'exclure de l'application de la présente convention :
a) les personnes occupées dans les établissements où sont seuls employés he membres de la famille de l'employeur ;
b) les personnes occupées dans les établissements n ‘employant pas habituellement six personnes ;
c) les personnes occupant un poste de surveillance ou de Grece et ne participant normalement à aucun travail manuel ;
d) les personnes occupant un poste de confiance.
ee
5 à SEMAINE De en HÉURES 63
Certains estimeront que mes pensées, errant is à Hür en des sentiers divergents, ont dévoilé successivement des LE tendances contradictoires. Je m'en excuse, mais la marche
des sociétés n est-elle pas la résultante d’ une. foule d’anta-
gonismes variés ? | ;
En résumé, la grande industrie pourrait, à l’occasion, conserver la priorité, grâce à ses capitaux importants, son or- __ganisation rationnelle, sa production abondante et standardisée, son économie de main-d'œuvre. Néanmoins, la moyénne entreprise S ’adapterait une fois de plus à des cir- __ constances critiques : Les qualités d'ordre et de persévérance de ses chefs la feraient survivre. Enfin, les métiers se mul- “ tiplieraient en marge du rég ime- légal. Bien que l’engouement du public pour les objets courants soït propre à favo- .riser quelques grandes productions, peut-être certaines aggiomérations industrielles marqueraient-elles un déclin au profit du travail individualisé et dispersé.
Un régime de travail réduit n'est pas un moyen de contrôle de l’industrie. Les partisans de la réforme m'ont pas ls. prétention de l'utiliser dans le but d'atténuer la concurrence. En Amérique (1), les codes ont recherché cet effet
2 par l'insertion de clauses consacrées aux pratiques déloyales, la semaine de travail maxima elle-même n'étant destinée qu’à diminuer le chômage. :
- Sous une loi de 40 heures, les divers établissements industriels continueraient donc à s'affronter, à rivaliser de plus
(1) Cf. à ce sujet l'opinion de M. Pierre Martignan: L'expérience Roosevelt, les codes et le dollar. Revue politique et parlementaire, 10 novembre 1933,
pue LA SEMAINE DE QUARANTE HEURES
belle. Si quelques-uns bénéficiaient d’un regain de vie, beaucoup cependant péricliteraient. Dans l'ensemble, les embarras apportés à la production devraient étendre sur toute l'économie nationale une gêne peu favorable au maintien d'exploitations exigeant des débouchés étendus, des amortissements énormes.
En outre, la formation des capitaux futurs deviendrait plus difficultueuse, Pour un rendement moindre, les instal-. lations nouvelles renchériraient sensiblement. Les. industriels, ayant une trésorerie à l'étroit pour supporter des charges imprévues, ne seraient guère encouragés à effectuer des investissements considérables. Au reste, actuellement, s'ils y trouvaient intérêt, n’auraient-ils pas plus de facilités pour mener à bien leurs plans d’agrandissement ? =
Le perfectionnement technique m'apparaît donc singulièrement compromis. En période de prospérité, peut-être pourrait-on considérer d’un regard plus sympathique les empêchements suscités au procès d’un suréquipement trop prompt. Mais an ce moment, il n’y a pas lieu de faire rétrograder une activité déjà déprimée et de répandre un règne d'insuffisance.
À mon avis, ni les ouvriers, ni les patrons m'ont vu clair lors des débats de Genève. J'accepte d’ailleurs sans émoi le reproche de ne pas contempler un horizon d’une netteté parfaite. Tout en apercevant un flux et un reflux continuels d'entreprises de toutes grandeurs et de toutes sortes, je repousse ce dogme d'une concentration perpétuelle qui a de nos jours de nombreux croyants. La semaine de 40 heures me fait pressentir plutôt un recu] qu’un progrès de cerlaines formes de mécanisations.