‹ La Semaine Sainte à SevilleChapitre 3 sur 7 · SUR LE GRIL A L’ESCURIÂL · texte numérisé non relu

SUR LE GRIL A L’ESCURIÂL

On lit dans les histoires et les guides que Philippe lia bâti l’Escurial à son image, et que ce roi hanté par le remords et la crainte a créé là, sur les premières pentes de la Sierra Guadarrama, un couvent pour y mourir, quelque chose de grand et de triste comme les rêves qu’il poursuivait sur la fin de sa vie. On le voudrait, je l’espérais. Hélas ! ce n’est pas ça du tout. Je viens d’errer plus de deux heures dans les couloirs glacés de l’immense bâtisse, et voilà un endroit du monde où l’on ne me reprendra jamais plus.

Non, ce n’est pas la rêverie ni

5'â LA SEMAINE SAINTE A SÉVILLE

l’inquiétude religieuse qui ont pu inspirer ce grand pensum d architecte. Ni frisson, ni mélancolie, ni mystère, ni invention. Aucun élan vers le ciel. C’est plat, c’est pauvre et sans flamme. Les pas du visiteur semblent mesurer le vide. Jamais on ne s’y sent transporté dans le désespoir d’un homme dévore du tourment de l’au-delà, ni dans le rêve d un artiste qui aurait voulu traduire cette angoisse. Ce n’est pas une maison de prière, c’est tout ce que 1 on voudra, une hôtellerie, un arsenal, une gendarmerie, une carrière de pierre. C’est le temple de l’ennui.

11 paraît que, vu d’en haut, ce dédale de murs a la forme d’un gril. Cela pour plaire à Saint Laurent, dont les

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