SUR LE CÎRIL A L’ESCURIAL
artilleurs de Philippe II avaient démoli une église quelque part dans les Flandres. Je n’ai aucun désir de g4:imper dans la montagne et de me rendre compte par moi-même de cette baroque fantaisie. Pour les précisions de cette sorte, je m en remets les yeux fermés à Jeanne, et je n ai vu en fait de gril que les buis taillés du jardin qui reproduisent, eux aussi, à l’envrcct instrument de supplice et de cuisine.
Une seule chose émouvante dans ce désert de granit bleu : la crypte qui sert de sépulture aux rois et aux reines d’Espagne. On y descend par un escalier très raide, entre des murs de marbre noir, et l’on arrive dans une salle ronde, au plafond
en forme de dôme traversé d'ornements d’or. Autour de cette chambre, sont placés les uns sur les autres, en rangées régulières, des sarcophages de marbre d’un gris-vert, tous exactement pareils, comme de grands tiroirs de commode. D’un côté de la salle se trouvent les tiroirs des rois, et de l’autre ceux des reines.
Ils n’enferment d’ailleurs que de la poussière et des os. Seul, Charles- Quint, paraît-il, est intact dans son sarcophage. Quant aux autres monarques défunts, avant d’être transportés ici, on les a mis au pourrissoir pendant une dizaine d’années, et, après ce temps-là, c’est bien peu de chose qu’on apporte dans le grand salon mortuaire.