SUR LE GRIL A L’ESCURIAL
le loRB de ce8 tonibeaux battants neuf, 80U8 une dure lumière électrique. Rien de plus laid ni de plu8 plat. Il semble que l’ennui d’en haut vous poursuive encore dans la mort.
Enfin la porte verrouillée se rouvre devant nous. Nous échappons aux marbriers en délire, et au premier étage de cet infernal édifice, une joyeuse surprise nous attend. Au commencement du dernier siècle, le roi Charles IV a fait aménager ici quelques appartements, et dans une longue suite de salles on se promène avec ravissement entre des murs couverts de tapisseries de Goya. Ah !
c’est imprévu, je vous jure, cette gaieté du peintre, ce ballet de couleurs,
cette joyeuse vie populaire espagnole, fixée en notes éclatantes sur le sinistre granit bleu. Enfin, Dieu merci, voici le diable ! Voici le génie, la vie, l’esprit ! Oui, le diable, bien sûr, puisque, pour l’étrange Philippe II, Dieu c’était justement le contraire de tout cela.
Mais la féerie ne dure guère. Déjà le guide nous entraîne dans l’appartement qu’habitait Philippe II en personne. Son cabinet s’ouvrait sur l’immense plaine triste qui s’en va à perte de vue jusqu’à Madrid et au delà — cette immense plaine que je viens de franchir en moins d’une heure d’auto, et qu’il mit trente jours à parcourir quand, déjà moribond, il se fit amener dans sa chaise à