INTRODUCTION DE L'ANNOTATEUR
de catholiques éminents, qui avaient spontanément reconnu le caractère libéral de la réforme, durent se courber devant la parole d’autorité, et, par une volte-face soudaine, déclarer schismatique et hérétique une loi qu’ils disaient être, quelques mois auparavant, « acceptable pour l’Eglise ».
Le recul nous a paru suffisant aujourd’hui pour permettre à chacun de se faire sur ces [événements une opinion raisonnée. Nous apportons ici d’importants éléments d’appréciation.
Avant que tous les matériaux aient été réunis pour une histoire de la Séparation, nous avons icru intéressant de publier des discours, qui ont marqué l’origine d’un si vaste changement dans la situation respective des Églises et de l’État.
! Dans ce premier volume, on trouvera les discours du Rapporteur ; dans un second volume, seront groupés ceux du Ministre.
Se dégageant des appréciations intéressées et contradictoires, qui ont trop souvent dénaturé les opinions de M. Briand, le lecteur impartial pourra se rendre compte qu’une pensée constante relie toutes les pages de ces deux volumes, visible dans les longs développements oratoires comme dans les brèves interruptions du Rapporteur et du Ministre, une même pensée
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de libéralisme et d’équité, un désir sincère et persévérant d’assurer aux Eglises une vie complète et organisée dans des cadres légaux assez larges pour respecter tout à la fois les principes généraux du droit français et les constitutions particulières des diverses collectivités religieuses.
Quel que soit d’ailleurs le jugement définitif porté sur la réforme législative qui a séparé en France les Églises et l’État, elle constitue un grand fait social, d’une importance hislorique indéniable, et c’est à ce titre que les discours de M. Briand, abstraction faite du talent de l’orateur, méritent de prendre place dans cette série de discours politiques brillamment inaugurée par Gambetta et Waldeck-Rousseau, et où seront réunies, grâce à l’initiative de M. Eugène Fasquelle, les plus belles pages de l’histoire parlementaire de la troisième République.
Février 1908.
LES DERNIERS JOERS DE CONCORDAT