‹ La séparation; comédie en trois actes et en proseChapitre 118 sur 300 · CAMILLE , ALPHONSE · texte numérisé non relu

CAMILLE , ALPHONSE

ÂLPHOliSE étonné , regardant la statue.

Alice Manfredi !

CAMILLE

Qu'avez-Yous donc , Alphonse ?

Quel nom vient-elle de prononcer?

CAMILLE

Eh I mais , celui de cette statue ; d'une jeune fille qui repose là , et que tout le canton révère comme une sainte; vous devez connaître cette histoire?..

ALPHONSE

Non , je vous jure ! Retenu à Messine par mon service,, je n'avais jamais vu ce château, et j'ignore complètement... De grâce, dites-moi tout ce que vous en savez.

CAMILLE

Mais , quel inte'rêt?..

ALPHONSE

Je vous l'expliquerai.

CAMILLE

Cela se borne à bien peu de chose. Cette pauvre fille vivait ici , il y a une douzaine d'anne'es, inconnue , séparée du monde, en proie au plus profond chagrin. Son seul bonheur était de partager sa fortune avec tous ceux qui l'entouraient : aussi ces braves gens la regardent encore comme leur ange gardien , et jamais un pêcheur ne

s'embarque sans se recommander à sainte Alice I Ce n'est qu'à sa mort qu'on a connu ses malheurs. Il y a même là-dessus une complainte que chantent les jeunes filles... Attendez... je ne sais si je m'en souviendrai.

ALPHONSE

Ah ! je vous écoute !..

CAMILLE

Page 1