NOCTURNE
ALPHONSE, en dehors.
Où vas-tu, pauvre gondolier?
— Je vais sur un autre rivage.
Chercher un sol hospitalier Que n'ait point flétri l'esclavage !
CAMILLE, parlant.
C'est sa voix !..
ALPHONSE , continuant.
Adieu donc pour toujours , Terre chérie !
O ma belle patrie , Adieu donc, mes amours Et mes beaux jours !
CAMILLE, parlant pendant la ritournelle.
Quelle imprudence !..
{Elle s' approche du balcon.^
2« COUPLET en DUO.
CAMILLE, sur le théâtre.
Au malheur que je dois subir.
N'ajoute pas par ta présence ; Ton aspect me fait trop souffrir, Il me rend presque l'espérance!..
Adieu donc pour toujours ,
Toi , qu'une amie Aimait plus que la vie...
Adieu donc, mes amours !
ensemble). *^^ °°' ^^^''^ J^"" •
\ ALPHONSE, en dehors.
Pour mon exil , prêt à partir.
Qu'un regard calme ma souffrance...
Un regard est un souvenir Qui me tiendra lieu d'espérance.
Adieu donc pour toujours,
O mon amie !
O ma belle patrie !
Adieu donc , mes amours > Et nos beaux jours !
( Camille s'éloigne de la fenêtre , la tête cachée dans ses mains; Alphonse paraît aussitôt sur le balcon qu'il vient d'escalader.)