‹ La séparation; comédie en trois actes et en proseChapitre 170 sur 300 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

Les mêmes , MAITRE HUGUO , afec des papiers sous son bras et dans SCS poches (i).

SUZANNE , de loin , à maître Huguo.

Arrivez donc !.. Oh I que la science marche lentement! MAITRE HUGUO, entrant.

Dam ! il ne faut pas que la science se casse les jambes ! j'étais en train de composer mon plan de finances. SUZANNE , bas.

Il s'qgit bien de faire des plans de finances quand on n'a pas le sou ; vous en parlez comme un aveugle des... Tenez, voilà quelqu'un qui a besoin de vous.

MAITRE HUGUO , sans regarder Marini.

Un jeune homme qui veut apprendre à lire? Avancez, mon petit ami.

SUZANNE, bas. '

Qu'est-ce que vous dites donc ?

MAITRE HUGUO , le regardant.

Ah ! pardon.

SUZANNE , bas.

Tâchez au moins de gagner de quoi souper... car, excepté le ducat qu'il m'a promis , il n'y a rien à la maison. MAITRE HUGUO, allant à Marini (2).

Ah! diab e ! {Haut.) Enchanté , monsieur...

MARINI , voulant s'esquiver.

Pardon... Je suis un peu pressé.

MAiTR,E HUGUO, le retcannt.

C'est l'affaire d'une minute.

SUZANNE

Monsieur désirait...

MAITRE HUGUO.

Me confier ses enfans ?

MARINI

Je n'en ai pas.

(i) Marini, Suzanne, maître Huguo.

(2) Marini, Huguo, Suzanne.

MAITRE HUGUO.

J'entends ; c'est pour demander une place.

MARINI

J'en ai deux.

MAITRE HUGTJO.

Je vois .. alors, c'est pour une troisiènoe. [A Suzanne ) Donnemoi du grand papier. ( A Mariai. ) Vous l'obtiendrez , monsieur ; jamais mes pétitions n'ont manqué leui effet. MARIN I , ai>ec impatience.

Eh I monsieur , je n'en ai pas besoin... je puis parler au prince quand je veux.

MAITKE HXJGUO.

Quand vous voulez !... Ah 1 que vou3 êtes heureux... {Tirant un papier de sa poehc. ) Si vous étiez assez bon alors pour lui présenter cette petite demande.

MARINI

Comment ?

J'en ai toujours sur moi de toutes prêtes pour les occasions.

Air : p^audeuille de l'Homme vert.

Depuis vingt ans je sollicite.

Et sans avoir rien obtenu.

MARINI

Quoi 1 vous dont la plume si vite

Fait placer le premier venu !..

Bon Dieu ! quels temps sont donc les nôtres 1

Comment n'avez-vous pas d'emploi ?

MAITRE HTJCUO.

J'en ai tant fait donner aux autres , Qu'il n'en est pas reste pour moi.

Et puis , je ne sais pas comment ça se fait... aucune de mes pétitions ne peut arriver jusqu'à Son Altesse. MARINI , à part.

Celle-ci ira avec les autres. ( Haut. ) Je m'en charge.

MAITRE HUGUO.

Est-il possible !

MARINI , la mettant dans sa poche.

C'est conune si le prince l'avait lue.

MAITRE HUGUO.

Ah! monsieur... si vous vouliez vous rafraîchir... je vais vous expliquer en deux mots...

MARINI , à part.

Ah bien oui !

Suzanne, donne-nous...

SUZANJSE , bas.

Il n'y a rien.

MAITRE HUGUO , posant SCS papiers sur la tahlc. Donne-nous des chaises.

suzAKNE , allant prendre une chaise.

A la bonne heure.

mArini , à part.

Eh I vite, le moment est favorable , courons à la recherche de ma princesse.

(Il s'esquive par le fond.)

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