SCÈNE ÎÏI
ROBERT, LE BARON et CHARLES.
LE BARON , s'appuyant sur son nci'cu et parlant à la cantonnade.
Eh i morbleu, laissez-moi... je vous dis que je me porte bien... {Entrant.) La peste des imbécilles, avec leur empressementl ils ont failli m'étouffer. {Il voit Robert.) Ah! te voilà , Robert ?
ROBERT
J'arrive , mon colonel.
LE baro:n'.
Ainsi donc , monsieur mon neveu , vous ne vous attendiez pas à me voir ici ?
CHARLES
J'en conviens , ce voyage...
LE BARON
Est assez pénible ! mais ma foi, cela regarde ma goutte. {Il examine la chambre) Eh ! mais, ce château n'est pas dans un si mauvais état.
CHAULES.
Cornaient !.. c'est un lieu de délices... des fosses, de vieilles tourelles... des rochers, des précipices !.. LE BARON , ai'cc ironie.
Fort bien ! puisque vous aimez la solitude , vous pourrez y réfléchir tout à votre aise à vos sottises passées , et Dieu merci...
CHAULES.
Ahîmon oncle !.. allez-vous encore me faire de la morale?.. Tenez, je suis charmé de vous voir; j'oublie toutes vos remontrances, faites de même... pardonnons-nous mutuellement nos petits torts , et vivons bien ensemble.
LE BAUON.
Ah 1 vous faites le plaisant!-, je ne plaisante pas moi, monsieur ! D'abord , j'exige que vous renonciez au mariage ridicule dont vous m'avez si souvent parlé.
CHARLES
Vous êtes pressant.
LE BARON
Et surtout fort pressé de voir finir vos désordres.
CHAULES.
Mes désordres !..
LE BARON
Oui, monsieur... et si vous me poussez à bout, c'est moi qui finirai par me marier.
CHARLES
Vous , mon oncle !
LE BARON
Moi-même.
CHARLES
Pourquoi faire?.. Bon! vous tenez trop à votre tranquillité.
LE BARON
Vous verrez, monsieur, vous verrez, si c'est une menace vaine.
Air d'u4ristippe.
J'ai fui long-temps les nœuds du mariage,
Dans les comhals je trouvais le bonheur j
Mais aujourd'hui, des glaces de mon âge,
L'hymen saura tempérer la rigueur, {bis.')
D'une compagne aimable, jeune et bonne ,
Le seul aspect me rendra mes vingt ans,
Comme un beau ciel, aux derniers jours d'automne ,
Rappelle encor le soleil du printemps.
D'ailleurs, il me faut une société... vous monsieur, vous me négligez ; je vous vois à peine.
CHARLES
Ah ! mon oncle , quelle idée ! mes visites assidues...