‹ La séparation; comédie en trois actes et en proseChapitre 94 sur 300 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

JACQUELINE , seule , ai'ec dépit.

Pardine I., s'il refuse tous les partis que je lui propose , je ne me marierai jamais , et pourtant, je ne veux pas rester fille plus longtemps... c'est ridicule... il faut être aux ordres de tout le monde, au lieu que quand on est marié, on se fait obéir... comme maman faisait avec papa.

Air des Deux JYuits (Je l'aime, je l'aime).

Etant enfant, je m' souviens qu'à ma mère,

Sans répliquer, mon père obéissait.

EU' lui parlait toujours d'un ton sévère ,

Et le r'iançait jusques au cabaret.

Sans se gêner même devant tout 1' monde ,

Elle disait, en lui f'sant signe du doigt ;

Vite, rentrons!., ou je gronde... je gronde...

Oui , je gronde... je gronde... je gronde... je...

Oui , je gronde. .. il fallait marcher droit.

Quand je serai dans mon petit ménage,

J* mettrai tout d' suit' mon petit homme au pas.

Je n'veux jamais qu'il r'cul' devant l'ouvrage,

J'entends qu'il n'ait des yeux qu' pour mes appas.

Pour sa douceur, pour sa confiance extrême,

Grâce à sa femme, on 1' cit'ra dans l'endroit.

Je lui dirai : je t'aime... je t'aime...

Oui, je t'aime... je t'aime... je t'aime... je...

Oui, je t'aime... mais il faut marcher droit.

Avec ça, il ne me manque plus qu'une chose... pour me marier...

c'est un amoureux ; c'est-à-dire , j'en avais bien un.. . un petit jeune homme modeste, discret, nmsicien dans un régiment... mais il est parti depuis si?: mois... Ali ! ces militaires, c'est gentil, c'est aimable, mais c'est volage... Eh !.. niais, qu'est-ce que je vois donc là bas !.. Dieu me pardonne ! c'est lui , c'est mon musicien !..

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