‹ La séparation des églises et de l'état, précis historique, discours et documentsChapitre 18 sur 36 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

Discours et Documents

Il était réservé à la huitième législature de la troisième République, 1902-1906, de reprendre enfin à pied d'œuvre celte grande entreprise et de la faire aboutir, les circonstances aidant, à un succès que ni amis, ni adversaires n'auraient cru d'abord aussi prochain, ni aussi complet.

Entrons donc maintenant dans le vif de cette histoire, au moment où elle sort de la phase théorique pour s'engager enfin dans la voie des solutions pratiques.

Le 27 juin 1902, M. Dejeante avait déposé sur le bureau de la Chambre, en son nom et au nom de quelques-uns de ses collègues de l'extrême-gauche socialiste (1), une proposition de loi « tendantà la suppression du budget des cultes, et au retour à la

(1) La proposition était signée par MM. Dejeante, Allard, Benezecli, Bouveri , Cliauvière, Coûtant (Seine), Constans (Allier), Delory, Dufour, Marcel Sembat, Thivrier, Edouard Vaillant, Walter (Annexe n" 155).

nation des biens dits de mainmorte, meubles ou immeubles appartenant aux congrégations religieuses. »

Le dépôt de cette proposition, qui n'était que la réédition de la proposition de M. Zévaès, déposée dans la législature précédente et dont nous avons déjà donné la substance, n'étant pas accompagné d'une demande d'urgence, passa, en somme, presque inaperçu.

Une proposition de M. Ernest Roclie

Le 20 octobre de la même année, M. Ernest Roche, député nationaliste d'une circonscription de Paris, collaborateur de M. Henri Rochefort à l'Intransigeant, déposait au contraire avec une certaine emphase et le désir évident de faire du tapage et de diviser la majorité républicaine, une proposition de loi, qui portait, avec la sienne, la signature de deux autres députés nationalistes, MM. Turigny et Edmond Lepelletier; elle était ainsi libellée :

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