LA LETTRE DES CARDINAUX
nistres du culte. La suppression pure et simple du budget des cultes est le refus d'accomplir une obligation stricte, née d’un contrat, et exprimée dans les termes les plus formels par la Constitution de 1791 qu'il n’est pas inutile de rappeler ici. &« Le traitement des ministres du culte catholique fait partie de la dette nationale. » Cet acte portera un trouble profond dans la conscience publique.
6° Comme conclusion, nous demandons que le Concordat, c’est-à-dire un régime d’entente entre la société civile et la société religieuse, soit maintenu, et que, s’il y a lieu de le modifier, ce soit d’un commun accord entre les deux autorités.
Nous avons voulu remplir notre double devoir envers l'Église et envers la France en présentant ces observations au chef de l’État avec une respectueuse franchise et sans aucun sentiment d’hostilité. Nous aimons d’un même amour l'Église et la France. Nous avons la conviction qu’en agissant ainsi nous répondons aux nécessités de la situation. La France ne veut pas de bouleversement politique; elle ne veut pas non plus de persécution religieuse.
Le projet de séparation conduit nécessairement à la persécution religieuse et n’est pas l’expression de la volonté nationale.
Évèques français, nous avons, en parlant aujourd’hui, dégagé notre responsabilité envers le pays. Nous ne voulons pas désespérer de le voir reconnaître la vérité et la sincérité de nos conseils; et si nous devions souffrir les douloureuses hostilités des sectes antichrétiennes, nous ne cesserions pas d'aimer la France et de prier pour elle.
Veuillez agréer, Monsieur le Président de la République, l'hommage de notre profond respect.
FrançGois, cardinal RicnarDp, archevêque de Paris; ADOLPHE-LOUIS-ALBERT, cardinal PERRAULT, évêque d'Autun; PIERRE, cardinal Courzié, archevêque de Lyon; V.-L., cardinal Lecor, archevêque de Bordeaux ; J., cardinal Lagouré, archevêque de Rennes.
Paris, le 28 mars 1905.
L'ENQUÊTE Du Q SIÈCLE »