‹ La séparation des églises et de l'ÉtatChapitre 68 sur 189 · A L'ÉVÊCHÉ DE MEAUX · texte numérisé non relu

A L'ÉVÊCHÉ DE MEAUX

appartiennent de droit. Le Concordat dit en effet : « Les édifices seront rendus au culte. » Si l’on ose nous les reprendre, on nous dépouille de ce qui nous appartient! Je n’y sou- ‘scrirai pas. Tenez, monsieur, on m’offrirait pour cinq francs par an la cathédrale de Meaux que je refuserais, de même pour cet évêché que j'habite depuis vingt-cinq ans. Oh! assurément ce ne sera pas sans un chagrin profond queje l’abandonnerai pour aller me loger n'importe où, dans un petit appartement en ville, mais plutôt que de verser un centime pour la location de cet immeuble je préférerais habiter un grenier. Louer les monuments consacrés à la religion à un gouvernement qui nous en aura illégalement frustrés! Jamais.

— Mais, monseigneur, alors, comment ferez-vous ?

— On fera, monsieur, comme on pourra. Nous avons, heureusement, les chapelles des châteaux, puis, si la séparation est votée, on verra dans mon diocèse une chose qui certainement ne manquera pas de piquant. On verra la religion catholique soutenue et entretenue par les juifs. Nous avons dans ce diocèse MM. Cahen d'Anvers, de Rothschild, Ephrussi et plusieurs autres grands noms de l’aristocratie israélite, Eh bien! je vous promets que les églises catholiques de teurs bourgs ne manquent de rien; allez demander au curé de Ferrières, par exemple, où MM. de Rothschild ont leur château, s’il a besoin de quelque chose; il vous répondra que son église est aussi bien pourvue que celles de Paris, et cela grâce à MM. de Rothschild.

Quand la séparation sera votée, si elle l’est dans les conditions que l’on prévoit, nous nous adresserons aux riches israélites, et je vous aflirme qu’ils exerceront pour les chrétiens dépouillés et persécutés le droit d'asile. Tout homme bien pensant, qu’il soit de notre confrérie ou d’une autre, ne peut que désapprouver la guerre faite à la religion, et tous seront prêts à nous plaindre et à nous aider.

Ici, nous aurons encore les grands industriels comme M. Menier : que la séparation soit ou ne soit pas votée, ce n’est pas inquiétant pour l’église de Noisiel, je puis vous l'assurer. Maïs ce qui me tourmente, ce sont nos pauvres petits villages, où il n’y a que de malheureux cultivateurs

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