DES LIEUX OU S'EXERCERA LE CULTE
Mais, au moins, ces associations, si précaires soient-elles, pourront-elles ouvrir librement des églises pour l'exercice du culte catholique ?
En lisant certains articles du projet, on serait tenté de répondre affirmativement.
On y voit, en effet, que, pendant deux ans, les édifices du culte seront mis gratuitement à la disposition des associations (article 2) et qu'ils pourront ensuite leur être concédés à titre onéreux (article 5), moyennant un loyer qui ne
l'enquête du Siècle
pourra dépasser le dixième de leurs recettes annuelles (article 5, paragraphe 4); que les biens mobiliers appartenant aux menses et fabriques seront concédés pour des périodes successives de dix ans.
Mais ces concessions se feront dans les limites des besoins des associations (article 3, paragraphe », et article 5, paragraphe 2). Or, qui sera juge de ces besoins? L'État francmaçon et persécuteur.
L'État, propriétaire des édifices, les louera donc pour dire la messe; l'État, propriétaire des vases sacrés, les prêtera donc pour l'exercice du culte, le tout suivant son bon plaisir.
En ce qui concerne les édifices, le projet met d’ailleurs à la charge des associations les frais d’entretien et de grosses réparations (article 5, paragraphe 2). L'État s’en remboursera, nous l’avons vu, par la saisie des réserves déposées à la Caisse des dépôts et consignations (article 9, paragraphe 2).
Enfin, qu'un prêtre soit poursuivi à raison des paroles prononcées par lui dans l’église, la concession peut être retirée à l’association (article 20, paragraphe 2). Or, à moins que les prêtres n’acceptent le rôle de canes muti, il sera toujours facile de les trouver en contravention. C’est l’'Évangile même qui est en contravention avec les lois de la franc-maçonnerie.
Voilà donc le régime honteux et précaire auquel le projet prétend soumettre en France l'Église catholique.
Régime honteux, car il s’agit pour l'Église de France de louer ce qui est à elle, ou de jouir, à titre de prêt, de ce qui lui appartient, car les églises, pour la plupart, et le mobilier qui les garnit, sont sa propriété.