‹ La séparation des églises et de l'ÉtatChapitre 87 sur 189 · SEMAINE RELIGIEUSE DU DIOCÈGE DE MENDE · texte numérisé non relu

SEMAINE RELIGIEUSE DU DIOCÈGE DE MENDE

naissant du sein même de l'Eglise? S’est-on préoccupé des difficultés très grandes que va rencontrer la formation de ces sociétés ?

13 Mars 1905

Extrait de la Semaine religieuse du Diocèse de Mende (1) :

L’utilité, nous dirions même la nécessité, de la création d'associations paroissiales pour le fonctionnement régulier et l'entretien assuré des écoles libres n'échappe à personne.

L'organisation d’une association de cette nature est chose très simple. On annonce une réunion pour cet objet. Dans cette réunion, on expose le devoir qui incombe aux parents de donner l’enseignement chrétien à leurs enfants. On fait connaître que la loi ‘du premier juillet 1901 donne l'existence légale aux associations qui ont pour objet la

« secours mutuels et de droit commun », de subvenir à l'entretien des pasteurs. En autres termes, j'ai lieu de penser que l’on estime à Rome que l'Eglise catholique doit sacrifier aujourd’hui le temporel au spirituel et que sa dignité lui commande de se refuser à accepter une nouvelle organisation qui la rendrait tributaire, dans la question de l’affectation des édilices, du bon vouloir ou du caprice du pouvoir judiciaire.

« L'Eglise, voyez-vous, me dit en concluant Mgr. Dubillard, est hiérarchisée par en haut. Le gouvernement veut la hiérarchiser par en bas. L'accord, dès lors, est impossible. Acctpter la loi nouvelle, c’est créer un schisme. »

(1) Les associations cultuelles prévues par le projet de séparation apparaissent pour beaucoup de catholiques comme un des plus redoutables dangers qui puissent menacer l'Eglise au lendemain de la séparation. Pourtant, si évêque de Quimper les proscrit avec violence, d'autres personnages, comme M. d'Haussonville, en préconisent la fondation. Evidemment, le haut clergé est perplexe. Cependant les événements se précipilent ; aussi, poussés par la nécessité de prendre parti, plusieurs évêques se sont décidés à recommander la formation d « associations paroissiales ». Ce n’est pas tout à fait l’association cultuelle prévue par la loi, mais cela y conduit. Quelques Semaines religieuses se hasardent à traiter la question. Jusqu'ici, c’est celle de Mende qui Pa fait avec le plus de netteté.

l'enquête du Siècle

création ou l'entretien d'institutions libres d'enseignement. On propose d’en fonder une dans la paroisse. On lit les statuts. On recueille les noms des adhérents. Séance tenante, ou, si lon préfère, dans une séance postérieure, on procède à l'élection du conseil d'administration.

Le conseil nommé, l'association est définitivement constituée et pourrait fonctionner (loi du premier juillet, article 2). Mais les divers comités d'enseignement libre conseillent fortement de remplir les formalités requises pour les associations déclarées. Celles-ci ont reçu de 1la loi la capacité juridique. Elles peuvent, sans aucune autorisation spéciale, administrer le produit des cotisations, louer ou acheter les immeubles nécessaires, tant à la réunion de leurs membres qu'à l’accomplissement du but qu’elles se proposent (loi du premier juillet 1901, article 6).

.… Des associations ont été organisées déjà dans plusieurs paroisses du diocèse. Pourquoi ne pas -imiter ce bon exemple? L'association paroissiale réalise une idée juste, celle de faire contribuer, dans la mesure de leurs ressources propres, à une œuvre dont ils bénéficient, tous les fidèles d’une paroisse. Elle intéresse à la prospérité et à la défense de l’école tous ceux qui s'imposent un sacrifice en sa faveur. Enfin elle prépare l’organisation des associations cultuelles, dont l'établissement dans chaque paroisse sera bientôt une nécessité.

26 février 1905

Fragments d’une lettre pastoralé ‘du cardinal Lecot, archevêque de Bordeaux :

Plus de curés dans les paroisses ! C’est le vœu des bandits, mais c’est la désolation, c’est le désespoir des honnêtes gens. J’ai bien dit : des honnêtes gens, car, il suffit d’être honnête et de vouloir des fils honnêtes pour demander une autorité morale qui les forme; et cette autorité morale, nous faisons le défi qu’on la trouve en dehors de la religion et du prêtre. PRE

Page 1