‹ La séparation et les électionsChapitre 105 sur 146 · Ibidem, p · texte numérisé non relu

Ibidem, p

femina semblaient à ce don Quichotte du schisme de saints précurseurs !

Le député radical de Poligny, M. Dumont, est « semblable à ces enfants drus et forts d’un bon lait qu’ils ont sucé, qui battent leur nourrice. » Elevé, nourri par l’Église, il l’a pressée, il en a tiré le plus qu’il a pu : et quand enfin il a cru marcher tout seul, il s’est élevé contre elle et l’a maltraitée de toute manière b Or parmi les mauvais traitements qu’il voulait lui infliger. M. Dumont s’est arrêté au plus raffiné. Sa longue connaissance du monde ecclésiastique lui a prouvé que ce qui peut nuire le plus au catholicisme, ce qu’il redoute avant tout, ce sont les mauvais prêtres, insoumis à l’autorité de leurs chefs hiérarchiques, objet per pétuel de scandale pour les fidèles; et il s’est réjoui a la pensée de trouver dans la Séparation un moyen de les susciter, de les favoriser. La loi donnant une prime à la révolte et lui assurant en quelque sorte le secours du bras séculier; les Geay et les Le INordez multipliés à l’infini non seulement sur les sièges épiscopaux mais jusque dans les plus humbles églises de villages, voilà ce qui lui a paru l’avantage

1. « On se nourrit des anciens et des habiles modernes, on les presse, on en tire le plus que l'on peut, on en renfle ses ouvrages; et quand enfin l’on est auteur, et que l’on croit marcher tout seul, on s’élève contre eux, on les maltraite, semblable à ces enfants drus et forts d’un bon lait qu’ils ont sucé, qui battent leur nourrice. (La Bruyère, Des Ouvrages de l'esprit.)

SCHISME OU IMPUISSANCE

J.3 plus désirable do la loi do Séparation. « Le P^trô indépendant, le prêtre qui pourra se récolte/ contre son eceque , il y a bien des chances pour rju il ne vote jamais pour moi 1 ni pour mes omis / Peu importe! Ce n’est pas un concours que nous demandons aux curés de campagne, c’est un droit que nous voulons leur conserver. Au moment où la Séparation se fait, nous ne voulons pas aggraver l’état de sujétion où le prêtre est déjà. Nous ne voulons pas d’avance, à l’égard des évêques congréganistes qui vont être nommés, que nous ne connaissons pas 2, mettre la foule des desservants et des curés en état de sujétion, de tutelle, de servage. "Voilà ce que nous voulons, ce que nous avons le devoir (le faire pour ce prêtre 3! » Or de toutes les « sujétions » du prêtre, il eu est deux qui paraissent particulièrement dures à l’âme tendre du Bloc et qu’il veut à tout prix faire disparaître. L’une, c’est Je célibat. M. Caillaux, députe radical de la Sarthe et ancien ministre du cabinet \\ aldeck-Rousseau, a tant d’enthousiasme pour les joies du ménage qu’il veut les imposer au clergé: il appelle de ses vœux le mariage des pre-

1. Ici M. Dumont se trompait; il y a au contraire beaucoup de chances que les Gharbonnel, les Ilarrent, les Hébert votent pour lui ou ses semblables, puisqu’une même haine les unit, et qu’en fait, ils travaillent aux mêmes destructions.

2. S'il ne les connaît pas, comment sait-il qu’ils sont congréganistes?

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