‹ La séparation et les électionsChapitre 107 sur 146 · O . Chambre des députés, p · texte numérisé non relu

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SCHISME OU IMPUISSANCE

une gloire de voter la suppression de leur modeste traitement. Avec leur robuste bon sens, ils ont deviné depuis longtemps la perfidie qui inspire une pareille sympathie. Les députés du Bloc les aiment contre l’Eglise, comme M. Combes aimait les « anges » des églises de Laval et de Dijon ! En réalité, le Bloc prétend faire subir à l’Église catholique « une évolution nécessaire; » et cette évolution que dans sa sagesse bien connue et dans son zèle religieux indiscutable, il estime nécessaire, c’est une véritable révolution qui, détruisant la discipline et la hiérarchie ecclésiastique, amènerait à bref délai la mort du catholicisme en France. Or pour mener cette œuvre à bonne fin, on compte beaucoup sur les associations cultuelles. L’un des membres les plus naïfs de la majorité, M. VazeiJIe, nous a dévoilé la tactique adoptée, avec une candeur enfantine qui a peiné M. Briand : « Ce que nous demandons, M. Buisson et moi, c’est que l’autorité ecclésiastique, c’est que les partis politiques qui seront tentés de se servir des associations cultuelles, ne puissent pas faire un tri parmi les catholiques; c’est que les catholiques républicains (entendez les francs-maçons,) puissent entrer eux-mêmes dans les associations cultuelles, pour y exercer un légitime contrôle, pour veiller à ce que l’association ne soit pas détournée de son but religieux, pour de-

1. •/. O. Chambre des députés. Deuxième séance du 15 juin 1905, p. 2255.

venir un instrument politique h » M. Dumont demandait la même chose : « Il suffît qu’il y ait dans les associations cultuelles quelques membres qui ne soient pas immédiatement sous la main mise du prêtre, pour que cet état d’esprit d’indépendance et de liberté politiques soit suffisamment représenté b »

Le tour, on le voit, est d’une simplicité enfantine. Les libres-penseurs les plus acharnés se donnent le mot pour faire partie des associations cultuelles. Qu’importe qu’ils professent publiquement l’athéisme et que la religion soit entièrement bannie de leur foyer ? Qu’importe qu’on les ait \tus présider les banquets de Vendredi-Saint et les enterrements civils. Il suffit, pour qu’ils aient le droit d’entrer dans les associations cultuelles qu’ils se disent catholiques 1 2. Pour pénétrer dans la francmaçonnerie, on doit subir les épreuves les plus variées et les plus bizarres et c’est à la suite d’une longue initiation, jalousement surveillée par les pontifes des loges, que l’on monte lentement les degrés de la hiérarchie. Tout profane est rigoureusement exclu des tenues, le secret le plus rigoureux doit être gardé sur ce qui s’y décide; les initiés eux-mêmes ne reçoivent de la vérité maçonnique

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