Discours du 29 juin 1905. J. O. p
faits, non pas même un Acerbe brutal et matériel, comme l’outrage et la diffamation, mais des opinions, des doctrines, c’est-à-dire le sens et la portée de paroles qui volent, ne laissant après elles qu’un écho vague et imprécis, que des dépositions contradictoires viendront, dans tous les cas et dans toutes les circonstances, mettre en déroute ! »
Si les accusations sont laissées dans le Arague par la loi, les pénalités n’en sont pas moins rigoureuses : un an de prison pour avoir outragé un maire ; deux ans pour avoir attaqué une loi ! Mais n’y a-t-il pas en France d’autres citoyens qui outragent les maires et attaquent les lois ? Que leur fait-on, à ceux-là ? Que fait-on aux gréAdstes qui, le drapeau rouge en tête, marchent en rangs serrés au chant de Y Internationale, injurient les préfets qui tentent de les arrêter, criblent de pierres les soldats envoyés pour les contenir, et prêchent non par des discours, mais par des actes, la révolte contre les lois? à Limoges, quand ils mettaient à sac les usines ou bloquaient dans leurs demeures les patrons apeurés, les a-t-on condamnés à 3,000 fr. d’amende et deux ans de prison! Ces hordes soulevées contre la loi et ses représentants, M. Berteaux, ministre de la guerre, les saluait à LongAvy, en se découvrant devant le drapeau rouge!
« On entend parfois non pas des ministres des cultes, mais certains prophètes empoisonner leurs
LE PRÊTRE HORS LA LOI
concitoyens par des théories néfastes au point de vue patriotique; on entend des anarchistes, des « sans-patrie, » des « apaches » développer leurs doctrines, les semer partout ; on en entend d’autres plantant le drapeau dans le fumier; on en entend encore « n’éprouvant pour les soldats morts que la vague pitié qu’on réserve aux escarpes tombés dans l’exercice de leurs fonctions. » Le meme qui s’exprime ainsi, parlant de la guerre de 1870, dit : « On devait aller à Berlin et prendre des provinces à l’Allemagne. Napoléon ne fit cette guerre que pour apporter un dérivatif à la poussée républicaine et assurer un trône à son fils ; heureusement vinrent Sedan et Metz! » Et ailleurs : « La population antimilitariste de Limoges a couvert l’armée, dans la personne de son représentant le plus haut, d’une immense huée. Les clameurs allaient par dessus la tête du chef lui-même jusqu’à la féroce et stupide conception de l’armée de caserne, esclave entretenue pour le maintien de l’universel esclavage 1 1 »
Voilà des paroles qui prêchent ouvertement la révolte contre les lois; voilà une déclaration de guerre à l’une des institutions les plus nécessaires de la nation, l’armée; voilà des blasphèmes contre la patrie. Ceux qui les commettent ont-ils été condamnés à deux ans de prison?
Demandez-le à M. Hervé qui continue, en toute