‹ La séparation et les électionsChapitre 122 sur 146 · Discours de M. Pliclion. J. O., Chambre 1905, p · texte numérisé non relu

Discours de M. Pliclion. J. O., Chambre 1905, p

liberté, à travers la France, sa propagande antipatriotique et antisociale 1 demandez-le aux instituteurs, ses disciples, qui, au nom de l’État, enseignent ces scandaleuses doctrines aux enfants de la France! Ah! s’ils étaient des curés! S’ils parlaient à l’église et non à l’école ; si au lieu de s’en prendre à l’armée, à la patrie, à la morale, ils s’en prenaient

à l’union libre, au divorce ! Comme en vertu de l’article 3b de la loi de Séparation, on les aurait vite traînés devant les juges et en prison! Ainsi le veut la justice et le patriotisme du Bloc : aux pires ennemis de la société, la liberté la plus absolue ; contre les prêtres défenseurs nés de l’ordre, de la paix sociale et de la morale, les lois draconiennes, l’amende et la prison !

Quelque féroces qu’elles fussent, ces pénalités parurent encore trop douces à certains députés du Bloc et il s’en trouva deux, M. Réville, député protestant de Monbéliard. et M. Albert Le-Roy député de l’Ardèche, pour proposer l’interdiction de séjour,

par un amendement ainsi conçu : « Tout ministre d’un culte qui, dans les cinq ans de la première condamnation, pour l’un des délits prévus et punis par les articles 31 et 32 (actuellement 34 et 35) de la présente loi, sera judiciairement convaincu de récidive, se verra infliger, outre les peines sus-

énoncées, l’interdiction de séjourner, pendant deux

ans au minimum et cinq ans -au maximum, dans le département où les délits auront été commis

LE PRETRE HORS LA LOI

et dans tous les départements limitrophes ! 1 »

L’interdiction de séjour, cette peine que les tribunaux indigent aux plus dangereux malfaiteurs, aux voleurs de grande route et aux bandits, MM. Réville et Le-Roy voulaient la réserver aux prêtres! Cette poine que la loi de sûreté générale avait édictée en 1858 contre les ennemis de l’Empire, que républicains et libéraux n’avaient jamais cessé de flétrir, des républicains osaient la ressusciter contre des prêtres! C’en était trop : le Rloc lui-même eut boute de MM. Réville et Le-Roy! et devant la réprobation qu’ils rencontraient au sein même de leur parti, ils n’eurent pas le triste courage de maintenir leur amendement. L’incident mérite cependant d’être noté ; car il nous prouve jusqu’où iront les fanatiques de la majorité le jour où ils se sentiront encore plus puissants; quand il s’agira des prêtres, aucune pénalité n’effraiera ces disciples de la Lanterne , ces modernes inquisiteurs!

Ces pénalités draconiennes qu’elle venait de voter contre les prêtres, la majorité maçonnique a voulu s’assurer qu’elles seraient appliquées dans toute leur rigueur. Or le jury lui inspirait à ce sujet les plus vives méfiances. Les gouvernements autoritaires n’aiment pas le jury ; son indépendance les gêne; ils le savent sensible aux mouvements de l’opinion publique et peu disposé à sacrifier aux

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