J. O. Chambre, p
sera enterré là, pour lequel on n’aura pas pu payer une concession de cinq ans, de venir planter une croix de bois que le prochain hiver pourrira, mais qui serait le témoignage éphémère et touchant de leur croyance et de leur foi ! 1 »
Pour tous ces morts qui ne font qu’une halte dans la fosse commune, avant d’aller se perdre dans des détritus sans nom, on élevait la grande croix qui se dresse au milieu de nos cimetières ; elle sert d’emblème aux abandonnés, de tombe à ceux qui n’en ont plus ! A ses pieds viennent prier les familles qui ne retrouvent plus la trace de leurs morts. Cette dernière consolation leur sera enlevée; car, édifiée sur un emplacement public, cette croix devra disparaître! « Disons le mot ! Vous en voulez à la croix et à la chapelle de nos cimetières... Vous voulez qu’à l’avenir, nos municipalités n’aient pas le droit de faire ériger une croix au centre du cimetière... Votre texte va meme plus loin. Vous voulez, si quelque municipalité a le triste courage de faire abattre cet emblème, qu’il ne puisse pas être remplacé ! 2 »
Cette haine de la croix définit d’une manière exacte l’esprit de la loi. Il ne s’agit ni de « libérer » l’Etat, ni de « libérer » l’Église ; mais bien de détruire la religion, lentement sans doute mais sûrement. On laisse momentanément subsister les