Ibidem, p. 405 et
et un ministère maçonnique , la séparation ne pouvait être que maçonnique.
C’est ce que comprirent les loges et, aussitôt après leur triomphe électoral de 1902, elles posèrent bruyamment dans leurs congrès, leurs convents et à la tribune du Parlement la question de la séparation : le moment était venu de l’accomplir. Elle devait être la grande œuvre d’une législature où la maçonnerie dominait sans conteste. Le convent de 1903 le proclamait lorsqu’il faisait « observer aux FF.*, membres du Parlement qu’ils violent la Constitution maçonnique eu votant- le budget des cultes » ; et les invitait pour l’avenir « à conformer leurs votes à leurs engagements maçonniques et à proposer le rétablissement des lois de la République de l’an III et de l’an IV concernant la séparation de l’Église et de l’État1. »
Qui ne voit, dès lors, l’erreur commise par des libéraux sincères qui, dans ces conditions, crurent possible de faire triompher une séparation vraiment libérale? En dénonçant les défauts du Concordat, en exaltant les avantages théoriques de la séparation, en permettant que les projets de séparation vinssent en discussion, ils furent les auxiliaires naïfs et involontaires de leurs pires ennemis; ils travaillèrent à établir un régime encore plus opposé à leurs aspirations que le régime concordataire lui-même.