Ibidem, p
corps, comme si les corps particuliers avaient
quelques droits vis-à-vis de l'État 1 ! »
C’est la même doctrine qui était ainsi exposée par les trois orateurs; elle peut être résumée en ces quelques propositions : L’État seul existe, lui seul a des droits et il n’y a pas de droits eu lace de lui. Les associations, même les corps de métier et les communes, tirent de lui seul leur existence; leur vie est suspendue à sa volonté toujours révocable. Elles ne possèdent qu’en son nom et lorsque de leur fait ou du fait de l’État, elles disparaissent, il recueille leurs biens. Le clergé étant une de ces associations, l’État peut, quand bon lui semble, et sans en donner de raison, lui enlever l’existence et par là même « nationaliser » ses biens. C’est d’ailleurs ainsi que M. Camille Pclletan résume cette doctrine en se l’appropriant. « Il ne peut exister en dehors des êtres vivants de personnes abstraites investies du droit de propriété que celles que la loi crée pour l’utilité générale. La loi qui les a fa if naître peut les supprimer... et dans ce cas, l’État entre en possession des biens qui ne retournent pas aux héritiers des donateurs, pour en disposer comme il est équitable de le faire. Où irait-on si l’on sortait de cette doctrine 2? »