‹ La séparation et les électionsChapitre 44 sur 146 · Ibidem , t. III, p · texte numérisé non relu

Ibidem , t. III, p

« Ces deux articles , celui qui est relatif à l’aliénation des Liens du clergé et celui qui est relatif au traitement, semblent n'en faire qu'un L.. Le gouvernement suppléera par un traitement honnête au dénûment du clergé français. »

C’est encore ainsi que le comprenait Portalis. Parlant des Liens nationaux il déclarait « qu’il était juste d assurer la subsistance des ministres (du culte), a qui ces Liens avaient été originairement donnés. » De son coté, le conseiller d’Etat Simeon, rapportant devant le Tribunat le projet de Concordat, défendait en ces termes le budget du culte catholique : « L’Assemblée Nationale applique le patrimoine ecclésiastique aux besoins de

I Etat, mais sous la promesse de salarier les fonctions ecclésiastiques. Cette obligation trop négligée sera remplie avec justice, économie, intelligence.

II n’en coûte pas au Trésor la quinzième partie de ce que la nation a gagné à la réunion des biens du clergé 1 2. »

En presence de textes aussi nets et aussi concordants, que penser de M. Bartbou venant hardiment déclarer à la tribune de la Chambre « qu’il ne résulte pas qu’à un moment quelconque des négociations, les envoyés du pape aient réclamé un

1. Lettre de Bernier au pape, en date du 26 janvier 1801. Boulay de la Meurthe, op. cit.

2. Cité par M. de Gailhard-Bancel dans son discours du 3 avril 1905. Journal Officiel. Chambre 1905, p. 1181.

traitement pour le clergé, comme étant le prix de l’expropriation subie en 1789 ? 1 » Sommes-nous en présence cl’une erreur volontaire ou simplement d’une profonde ignorance de l’histoire?

Pris ainsi en flagrant délit, M. Barthou s’est rejeté sur un raisonnement grossier qui a été maintes fois mis en avant par les adversaires de l’Eglise. « Quand l’envoyé du pape, Spina, négociait avec Bernier, il demandait, il attendait, il espérait que le gouvernement accorderait des traitements avec la plus grande générosité. Messieurs, la générosité est facultative, une dette est exigible. C’est la réponse 1 plus décisive que je puisse ajouter à l’argumentation si documentée et si puissante de l’honorable M. Deville 2. »

Après avoir nié les textes, M. Bartbou les atténue singulièrement pour les besoins de sa cause. Quand un négociateur dit : il faut, — et c’est ainsi que s’exprimait sur le budget du culte Mgr Spina, — il fait plus que demander ou espérer, il exige, il présente une condition sine qua non. Et puis, M. Barthou commet une confusion peut-être volontaire entre le principe de l’indemnité que réclamait le pape pour l’Eglise de France et le taux de cette indemnité dont il laissait la fixation à la « générosité du Premier Consul. « Il n’y a pas eu,

1. Discours du 28 mars 1905. Journal Officiel. Chambre des députés, p. 1120.

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