Discours du 30 mars. J. (J. Chambre des députés
qui lui ont été pris en 1789 et de rétablir l’Église de France dans l’état où elle se trouvait avant la Révolution. C’est impossible, dira-t-on. On ne saurait faire une aussi importante révision de propriétés ni restaurer artificiellement la constitution politique de l’ancienne Église gallicane. D’accord ! Mais alors, que l’on reste fidèle aux conditions qui ont permis, une première fois, en 1789, une seconde en 1801, d’aliéner les biens du clergé!
En somme, tout revient à dire que le maintien cia budget du culte ne dépend nullement du maintien du Concordat. C’est une dette que la nation a
contractée envers l’Église bien avant le jour où la convention de messidor an IX a ete signée. L Eglise est créancière de l’Etat au meme titre que les détenteurs de la rente française ; ert le budget des cultes n’est qu’un coupon que le clergé va percevoir aux guichets nationaux.
Aussi, même avec une séparation qui supprimerait entièrement le Concordat, il ne resterait que deux solutions honnêtes à ce problème : ou bien supprimer le budget du culte, a la charge de Arerser à l’Église, à ses temples et à ses prêtres, le capital dont ce budget est la rente; ou bien continuer à garder ce capital, à la charge d’en payer toujours l’intérêt, c’est-à-dire de conserver le budget du
culte. Ce qui revient à dire qu’une séparation ne saurait être équitable qu’à la condition de maintenir au culte catholique son budget.
Co n est pas ainsi que l’entendent les francsmaçons qui nous l’ont imposée par un coup de force. Us ne tiennent aucun compte des droits de propriété de l’Église, soit parce que, socialistes, ils veulent détruire toute propriété, soit parce que, anticléricaux, ils veulent par tous les moyens anéantir l’Eglise ; et ils prétendent garder les biens ecclésiastiques sans en acquitter les charges, le capital sans en payer la rente. C’est une banqueroute et une spoliation d’autant plus cyniques qu’elles seront commises par l’État, gardien né de toutes les propriétés, et au nom d’une légalité qui punit les voleurs et les banqueroutiers t