J. O., Ch. des députés, p. 2152 et suiv
2. M. Ribot interpellait ainsi M. Augagneur parce que, en sa qualité de maire de Lyon, M. Augagneur annonçait déjà l’intention d’user de ce procédé, par trop simple, de spoliation.
3. M. Ribot disait décret parce que, dans le projet primitif de la commission, il suffisait, pour la désaffectation, d’un
jouissance de cet immeuble, sans aucune indemnité?... Pour désaffecter les églises vous exigez une loi. Que voulez-vous par là? Qu’en dehors des cinq cas que vous prévoyez et qui sont précisés, on puisse arbitrairement, en se couvrant de la loi, désaffecter un édifice cultuel... Je sais que cela est au fond de quelques esprits qui n’ont pas caché leur manière de voir et qui veulent en effet donner et retenir à la fois, ce qui est contraire non seulement à la raison, mais à l’honnêteté législative... Puis, cédant à une autre tendance qui se dissimule, qui se cache, qui ne s’avoue pas, mais qui existe, je le sais, vous voulez qu'on puisse demain , avec une majorité ardente , sectaire, défaire ce que vous avez fait ! »
Cette tendance n’a pas tardé à se manifester par une voix autorisée, celle de M. Briand lui-même. Le jour même où M. Rihot dénonçait l’arbitraire et le caractère éphémère de la loi, M. Briand les proclamait hautement. Pour rassurer l’intransigeance de ses amis radicaux et socialistes, il leur disait : « Cette jouissance générale , indéfinie, laissée aux associations cultuelles , il dépend du législateur de la faire cesser. Une loi nouvelle peut , dans cinq ans, dans dix ans , reprendre les avantages concédés aujourd'hui . N’exagérons
simple décret. En réalité, avec une majorité sectaire au parlement, la garantie de la loi est aussi faible que celle d’un décret.
SPOLIATION ET PROFANATION
donc pas la portée du texte en discussion L » Et
M. de Ramel tirait, aArec beaucoup de raison, la
morale de ces déclarations cyniques en s’écriant :
« C'est la condamnation de la loi ! »
Oui, c’est la condamnation de la loi, parce que
de telles paroles mettent à nu l’intolérance qui
essayait de se cacher sous de fallacieuses conces- «/
s ions. Il s’est trouvé un homme pour incarner en lui cette duplicité enfin démasquée. C’est l’un des directeurs du Bloc, puisque la majorité de la Chambre l’a nommé président de la commission de la séparation. Protestant et libre-penseur, il déteste, de toutes les forces de son âme, le catholicisme et il s’est mis à la tête de ceux qui veulent le détruire. Cela ne l’empêche pas d’ailleurs de parler de la religion aA^ec une onction mielleuse et des airs libéraux, qui peuvent duper les simples. C’est M. Buisson. A la Chambre, au nom de la commission qu’il préside, il a demandé pour les catholiques* la jouissance gratuite et indéfinie des églises. U a protesté de son respect pour la liberté des catholiques et s’est indigné à la pensée qu’on pût lui prêter à leur égard des intentions malveillantes. Or lisez le Bulletin du Congrès de Paris — Congrès international de la Libre-pensée des 4, 5, G et 7 septembre 1905 — et vous y verrez trois images : « L’une représente une église de