J. O. 2e Séance du 21 juin 1905, p
s icours ot ils se diront que c est une injustice d’assurer aux heureux de la vie la libre manifestation de leurs croyances et de rendre cette manifestation plus difficile aux humbles L »
Un homme qui connaît à fond les populations rurales, M. Laniel, député libéral du Calvados, a porté leurs doléances à la tribune, en termes excellents : « La mesure qui vous est proposée, disait- il a ses collègues, aura ce résultat au point de vue do l’exercice du culte : dans les villes le maintien
du statu quo ; dans les campagnes, la suppression presque absolue du culte... Estimez-vous, messieurs, que nos populations rurales ne soient pas assez déshéritées? Elles n’ont, elles, ni les fêtes de nos grandes villes, ni le luxe de nos théâtres, ni les richesses de nos musées. En fait de monuments, elles ne connaissent guère que le clocher du village, et en fait de spectacles, elles n’ont guère sous les yeux que ces touchantes cérémonies qui, de temps en temps, réunissent leurs en¬
fants en de fraîches théories, leur faisant monter au cœur un peu de cette idéale et riante poésie a laquelle les esprits les plus blasés ne restent pas toujours insensibles. Vous voulez supprimer tout cela I Au fond* c’est le but que poursuit sinon l’unanimité, au moins la majorité de ceux qui vont voter la séparation de l’Eglise et de l’Etat 2. »
\. J. O., Séance du 21 avril 1903, p. 1628.