Bulletin du Grand Orient 1892, pp. 488 et
Voilô la séparation maçonnique! Elle ne se pique pas de liberté, et. point n’est besoin pour la faire (l’attendre les mœurs de la liberté! Les francs-maçons se proclament eux-mêmes sectaires. Pour eux, cette rupture ne doit être qu'une succession de droits enlevés à l'Église, d'atteintes à son influence, de restrictions à sa liberté! 1 Et si par hasard ils supposent que, livrée à ses propres forces, I Eglise puisse non seulement vivre mais encore se développer, ils prévoient des lois qui restreindront jusqu’il les anéantir, s’il le faut, sa liberté et son action : « On a peur, disait, en 1894, le Frcre Gadaud, sénateur et depuis ministre, on a peur ({ue la ferveur et la générosité des fidèles vienne à augmenter, si une fois les Eglises sont libres et affranchies du contrôle de l’Etat et qu’alors les Églises 11e constituent, par cet accroissement de force, un danger plus redoutable pour la puissance civile. Erreur profonde! Avec des lois bien faites sur
1. « Toutes les mesures qui tendront à diminuer comme parti politique l’autorité de l’Église, à restreindre son pouvoir, à limiter ses richesses, à soustraire à son influence et à sa domination les jeunes intelligences, enfants d’aujourd’hui, citoyens de demain, sont des mesures auxquelles il nous faut applaudir parce qu’elles marquent un progrès et constituent un pas en avant dans la voie de l’émancipation intellectuelle... L’œuvre ne sera complète que lorsque définitivement sera rompu le lien qui attache encore à l’État les Églises, b Discours du F.*. Massé, député de la Nièvre, au Gonvent de 1903. Compte-rendu du Convent de 1903, pp. 399 et 400.
les associations, tout péril de ce genre serait écarté L »
Laquelle de ces deux séparations, la libérale ou la maçonnique, avait le plus de chance de se faire lorsque, au lendemain des élections de 1902, la question de la dénonciation du Concordat se posa, avec une force chaque jour plus grande, à la Chambre ?
La libérale ? Mais où étaient alors les mœurs de la liberté que réclamaient Jules Simon et à sa suite M. Ribot ? Les congrégations religieuses venaient d’être dissoutes en vertu d’une loi qui n’embrassait la liberté que pour mieux l’étoulfer ! Le ministère Combes arrivait au pouvoir et aussitôt, violant les assurances diplomatiques données par M. Del cassé au Saint-Siège, il fermait une multitude d’écoles qu’on avait promis de respecter. M. Waldeck-Rousseau avait déclaré que toutes les demandes d’autorisation présentées par les congrégations seraient examinées une à une, avec bienveillance ; et les faisant rejeter toutes en bloc, son successeur expulsait religieux et religieuses, depuis les moines ligueurs qu’on avait toujours visés, jusqu’aux humbles frères des écoles chrétiennes qu’on avait prétendu conser\œr. Les liquidateurs étaient mis en mouvement avec les troupes et les gendarmes : les domiciles privés étaient violés, les portes enfoncées, les biens