‹ La séparation et les électionsChapitre 98 sur 146 · CHAPITRE XYI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XYI

Les associations cultuelles dans l’Église.

Sommaire. — Pourquoi condamnerait-on les associations cultuelles? — Déclarations libérales de M. Briand démenties par ses actes. — Impossible de séparer dans 1 Église le domaine spirituel et le temporel. - L’évêque maître de l’un et de l’autre. — Associations cultuelles accaparent le domaine temporel. — Elles limitent le domaine spirituel aux cérémonies du culte. — Lourdes responsabilités de ses membres. - Ils deviendront les surveillants des curés et des évêques. — Lettre des cardinaux français.

(( Ces tracasseries et ces persécutions pourraient, semble-t-il, être évitées si les catholiques créaient des associations cultuelles. Or quel scrupule pourrait les en empêcher? A ceux qui les composeront on ne demande rien qui puisse porter ombrage a leur foi ou les rendre suspects soit à leurs coreligionnaires soit à leurs chefs religieux. Leui gioupement, modeste dans les villages, plus important

dans les villes, n’aura pas à prêter serment à je ne sais quelle Constitution civile; il se contentera de gérer les bâtiments et les ressources affectés au culte ^et de représenter, au temporel, une Église que 1 État laïque ne saurait connaître autrement. Les membres de l’association seront d’ailleurs des catholiques; ils obéiront à l’autorité doctrinale et disciplinaire de la hiérarchie spirituelle. L’arti- < le t du la loi ne leur fait-elle pas un devoir « de se conformer aux règles d’organisation générale d u culte dont ils se proposent d’assurer * l’exercice ? » Si l’Église repousse ces associations, 11e donnera-t-elle pas une preuve de son obstination et ne pourra-t-on pas l’accuser justement de déchaîner a plaisir sur elle-même la persécution qu’elle redoute? »

Loi là ce que nous disent les politiques du bloc üt 11 faut «wouer que des catholiques et des libéraux peu au courant des pièges de la loi, pourraient se laisser convaincre par ces discours faussement modérés. Aussi est-il bon d’examiner de près les associations cultuelles, telles que les établit le projet de séparation.

I n évêque était vivement pressé par son préfet de présenter a l’agrément du gouvernement pour un doyenné, un prêtre qui n’avait pas les qualités requises pour ces fonctions ; et comme le préfet insistait vivement, employant tour à tour batteries et menaces et finissant par réclamer les rai-

sons formelles d une opposition qu’il sentait irréductible, l’évêque se contenta de lui répondre :

« Si je refuse obstinément, c’est parce que vous demandez avec insistance et l’intérêt si vif que vous portez à votre candidat augmente, à son endroit, mes méfiances ! » et la nomination si ardemment désirée par le préfet, écho lui-même d un sénateur depuis ministre, fut définitivement écartée.

Le Bloc maçonnique et l’Église se trouA^ent en face des associations cultuelles dans l’attitude de ce préfet et de cet évêque. L’ardeur que mettent les ennemis de l’Église à lui imposer les associations cultuelles doit justement éveiller. ses soupçons.

« La loi doit laisser les églises — et c'est pour elle une liberté aussi essentielle que la liberté du cujte — s’organiser selon leurs tendances, leurs traditions et leur gré. La constitution de chacune d’elles est adéquate à ses principes et comme la conséquence de ses dogmes. Intervenir dans cet organisme, serait, dans bien des cas, s’immiscer dans l’expression ecclésiastique des croyances religieuses L » Fort bien! en parlant ainsi, M. Briand tenait un langage vraiment libéral. L'Église n a pas attendu le projet de Séparation pour s’organiser et voilà dix-neuf siècles qu’elle a sa hiérarchie. Elle

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