CHAPITRE II
« Si un de mes fils me révèle que dans le séminaire où il fait ses études, on a supprimé l'enseignement des quatre articles de 1682; s'il me dit que, de peur de déplaire au pape, on a résolu de laisser dans le doute la doctrine des droits du pape..., moi Français, moi royaliste, laisserai-je mon fils dans une telle école? Non certes ! »
Ainsi parlait, sous le règne de Charles X, un idèle serviteur de la vieille monarchie, un ancien émigré, célèbre pour avoir, pendant la Révolution, parlé de la croix pastorale en termes éloquents, le comte de Montlosier.
A la même époque, un autre légitimiste, encore moins suspect d'irréligion, le duc de Fitz-James, s'écriait : « A-t-on découvert que l'éducation dans
les maisons des jésuites était anti-constitutionnelle ou anti-gallicane? sévissez contre eux, fermez leurs collèges; je serai le premier à appeler sur leurs têtes la juste sévérité des lois 1 . »
Ce langage n'est plus à la mode. On ne trouverait guère aujourd'hui de sentiments pareils, sur-| tout dans la partie de la société à laquelle appartenaient ces deux hommes. Les gallicans, s'il en reste, sont rares, et le gallicanisme, qui recevait encore sous la Restauration de tels hommages, S n'intéresse plus que quelques érudits. [
A une époque où, sous prétexte de patriotisme, \ on a tant bien que mal restauré une foule de choses ' qui n'en valaient pas la peine, et où, en haine du i présent, on vante le passé, sauf à l'arranger pour ; les besoins de la cause, les mêmes gens qui prêchent le culte des traditions et se posent en gardiens farouches de nos vieilles gloires sont parvenus à discréditer complètement la doctrine qui fut la force et l'honneur de l'Église de France. Ils en ont fait une invention du despotisme royal, une servitude pour l'Eglise, une blessure pour la foi; des écrivains qui d'ordinaire ne les écoutent pas se sont laissé persuader par eux que les articles de 1(>82 étaient l'œuvre de Colbert, et que rassemblée