‹ La séperation de l'église et de l'État en 1794Chapitre 11 sur 88 · Chambre des Pairs, 18 janvier · texte numérisé non relu

Chambre des Pairs, 18 janvier

du Clergé suivait les volontés du ministre « comme un valet 1 ».

Après avoir longtemps erré comme eux, j'ai eu plaisir à voir que je me trompais; j'en ai presque autant aujourd'hui à l'avouer et à dire que l'Église gallicane a droit à plus de respect. Elle se montra digne de siéger dans nos vieilles cathédrales, dans ces nefs si fières où les prêtres ultramontains font une figure si mesquine.

Le gallicanisme est une protestation et une défense contre les empiétements du saint-siège, contre l'omnipotence de Rome. Au fond, les libertés de l'Église gallicane reviennent tout simplement à nier l'infaillibilité du pape 2 .

La « rébellion scandaleuse » qui irrite si fort les ultramontains ne date pas du xvn c siècle.

Je ne dirai pas avec Saint-Simon que les libertés « qui blessent douloureusement la cour de Rome » sont de toute antiquité. Je n'irai pas, avec Etienne Pasquier, en chercher les preuves aux premiers

1. Voir ce que disait Pcyrat dans la Presse du 17 mars 1856. Je cite Peyrat parce que je ne vois guère d'écrivain plus alTranchi des préjugés qui altèrent notre histoire religieuse.

2. « Ces libertés, disait le juriconsulte Gui Coquille, consistent en ce que l'Église de France n'a pas admis beaucoup de constitutions papales. » — « Pour ces prétendues libertés, disent les Jésuites, la question de vie et de mort, ce fut l'infaillibilité du pape. » (Études religieuses par des Pères de la C'° de Jésus, n° d'avril 1876, p. 285.)

âges du christianisme, au temps de saint Irénée 1 , | ni même au siècle où les évêques de France, menacés d'excommunication, répondirent au pape par une menace pareille 2 et où le grand Hincmar tenait si hardiment tête aux entreprises romaines. Je citerai seulement le sermon sur V unité de, r Église, que le cardinal de Bausset et le cardinal Maury s'accordaient à trouver bon et sage. Parlant au nom de l'Eglise gallicane 3 , après avoir rappelé le mot de saint Bernard au pape : « Vous êtes non pas le seigneur des évêques, mais l'un d'eux », Bossuet continuait en ces termes : « Voilà ce qu'ont toujours dit ceux qui ont été parmi nous les plus pieux. C'est aussi ce qui obligea le roi le plus saint qui ait porté couronne et le plus ardent défenseur de la foi romaine (vous reconnaissez saint Louis) à persévérer dans ces maximes et à publier une pragmatique pour maintenir dans son royaume î le droit commun et la puissance des ordinaires, selon les conciles généraux et les institutions des saints Pères. Ne demandez plus ce que c'est que

i. Voir le livre III des Recherches de la France, surtout le curieux chapitre : Des entreprises de la cour de Rome depuis la venue de Hugues Capet.

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