‹ La séperation de l'église et de l'État en 1794Chapitre 13 sur 88 · lbid., un peu après le début. j · texte numérisé non relu

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3. L'ouvrage de Pithou était « si estimé et si estimable qu'on l'a 1 regardé comme le palladium de la France ». (D'Aguesseau.)

formulées par la Sorbonne vingt ans auparavant. Elle n'a rien d'original ; ce fut au contraire la der- ■ nière expression, la rédaction définitive de principes dès longtemps reconnus.

Parce qu'elle fut provoquée par Louis XIV, on veut qu'elle fût un instrument du despotisme royal. On oublie que si parfois les libertés gallicanes ont en elîet favorisé les entreprises du gouvernement, en d'autres circonstances, elles ont permis de les réprimer.

En même temps qu'elles servaient à préserver la discipline ecclésiastique du royaume, à résister aux exactions de la cour de Rome, à contrarier la propagande ultramontaine et la morale relâchée 1 , à '"■ maintenir les droits des évoques et ceux des curés que le saint-siège usurpait ou sacrifiait aux ordres , mendiants, elles étaient invoquées contre certains excès du pouvoir royal 2 . Une heure vint où ! Louis XIV les trouva gênantes; leurs avocats furent mal vus de lui et même réduits au silence 3 .

1. En 1700, la morale relâchée des ultramontains fut condamnée par l'Église gallicane.

2. Elles le furent, vainement, il est vrai, contre le concordat de François I er avec Léon X. Mais, en diverses circonstances, elles eurent un meilleur succès : lisez la harangue que Hetz prononça

ttU s > (>I1 1740 pour révoque» de Léon, dépossédé de son siège « avec des formes absolument contraires aux libertés de l'Église gallicanes » ; Mazarin céda.

3. De Launoy les avait défendues avec zèle; on ne souffrit pas que sur son tombeau ses amis rendissent hommage à ses services.

Quand la bulle Unige?iitus, qu'il avait sollicitée, décida qu'il ne faut pas faire notre devoir si en le faisant nous risquons d'encourir une excommunication injuste, le Parlement protesta contre « la folle prostitution de la France à l'égard de Rome * », refusa d'enregistrer la constitution immorale, en se fondant sur les libertés gallicanes 2 . Pendant de longues années, elles lui furent une arme contre le pouvoir royal, et l'enhardirent dans une lutte funeste à l'autorité de la couronne. Ni Louis XV ni Louis XVI n'osèrent les renier; ils les affirmèrent énergiquement 3 , mais ils tâchaient qu'il n'en fût pas question : « On néglige de donner au peuple

t On lui avait même comme fermé la bouche en lui défendant de continuer certaines conférences où il se formait des défenseurs de ces libertés, b (Bayle.) — Le docteur Ellies Dupin ayant été exilé à Ghatellerault, « on crut, non sans beaucoup d'apparence, que son crime était d'avoir soutenu les maximes de France.... Le roi voulut se faire un mérite auprès du pape de l'exil de Dupin; le jour qu'il l'exila, il envoya en faire part au nonce. » (Sainte- Beuve, Porl-Royal, iv, 175.)

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