A Arles, on veut la mise en vente des biens
2. Par exemple, le cahier d'Aussurucq (pays de Soûle); celui de Camiers (Pas-de-Calais). Ce dernier paraît n'avoir que trois articles, dont le troisième demande au roi de tirer des biens ecclésiastiques « quelque chose pour soulager le peuple ».
des biens ecclésiastiques à des objets d'utilité publique. Après avoir dit sa volonté de « vivre et mourir » dans notre « sainte religion », la communauté de Taradeau (sénéchaussée de Draguignan) demande que les biens de l'Eglise « généralement quelconques » soient « rendus à l'État ». Le Tiers de Brest souhaite que les ecclésiastiques soient chargés spécialement de maintenir les dogmes; qu'ils rencontrent « les égards et le respect que méritent la sainteté de leurs fonctions » ; il souhaite aussi que « tous biens-fonds ecclésiastiques et monastiques » soient aliénés et le produit de leur vente appliqué : 1° au remboursement des dettes auxquels ils pourraient être hypothéqués; 2° à l'acquit de la dette nationale.
Les habitants de la paroisse de Champs terminent leur cahier par ces mots : « Qu'il leur soit permis d'ajouter ici la réclamation la plus importante et la plus chère à leurs cœurs. Parmi tous les malheurs dont ils ont été affligés, il leur restait du moins pour consolation le trésor de la vraie religion... Ils réclament avec ardeur la révocation de l'édit du mois de novembre 1787 concernant ceux qui ne font pas profession de la religion catholique... Ils craignent que le bien incomparable de la foi et de la vraie religion ne leur soit ôté par le mélange des hérétiques avec les catholiques...
C'est au Clergé qu'il appartient plus particulièrement de démontrer la sagesse des lois anciennes concernant les non-catholiques. » Et dans le même cahier, quelques pages plus haut, on lit : « Pour couvrir le déficit, il y a dans les mains du haut Clergé des biens immenses qui seraient une ressource assurée pour les besoins de l'Etat ; on voit dans les mains d'un seul bénificier des cent, deux cent et jusqu'à trois cent mille livres de rentes * ! »
Le Clergé lui-même, lorsqu'il n'était pas trop opprimé par les hauts dignitaires de l'Église, réclamait une répartition plus équitable 2 . Le plus souvent il la voulait au profit des curés et vicaires ; toutefois plusieurs de ses cahiers parlent aussi d'employer les fonds détournés de leur destination à entretenir les établissements de charité, à éteindre la mendicité, à rémunérer les maîtres d'école,
1. Les Cahiers des paroisses d'Auvergne, par F. Mège, p. 190.
2. Parmi les nombreux cahiers du Clergé qui constatent que l'intention des fondateurs est frustrée, que les « membres les plus utiles du Clergé » participent « à peine » à des richesses immenses auxquelles il convient de donner un meilleur emploi, sont ceux de Blois, Villeneuve-de-Berg, Bouzonville, Bigorre, Calais, Libourne, Haut-Limousin, Péronne, Ponthieu. Le Clergé de Mantes et Meulan dit que « la multiplicité de bénéfices considérables accumulés sur la tête d'un petit nombre de titulaires dont l'inutilité est peut-être le moindre défaut » constitue « un abus criant ». Les deux tiers, peut-être les trois quarts des abbayes du royaume étaient en commende.
quelques-uns parlent de venir au secours du Trésor public 1 .
N'était-ce pas, comme le remarquait Buzot, reconnaître le droit supérieur de l'Etat ?
Il semble que la Constituante, forte de l'assentiment général, n'avait pas à hésiter, que les débats prolongés n'étaient pas de saison ; Mirabeau aurait pu répéter : Et vous délibérez !
On délibéra longuement. Les clameurs du Clergé rendirent indispensable et prolongèrent une discussion au cours de laquelle la question fut épuisée et le droit de la nation démontré avec évidence 2 . Il n'y eut point de confiscation, rien qui ressemble à une loi agraire, pas trace de ce que nous appelons le socialisme 3 .
Il n'y eut pas davantage de sacrilège ni rien qui pût choquer la piété la plus scrupuleuse.
« Appelé parmi vous pour concourir à la révolution qui s'opère par vos décrets avec autant d'effi-