‹ La séperation de l'église et de l'État en 1794Chapitre 56 sur 88 · Vie de M. Émery, I · texte numérisé non relu

Vie de M. Émery, I

2. Cette triste comédie continua sous le Directoire; des « prêtres vertueux » furent attaqués pour avoir prêté un serment qui, de l'avis de l'archevêque de Paris etd'Émery, n'avait rien de répréhensible. (Vie, I, 412.) L'évêque de Ohàlons-sur-Marne, émigré à Altona, écrivit, le 9 mai 1707, à Monseigneur Brancadoro, qu'il était* persécuté » par beaucoup de ses confrères pour un serment permis par le pape. (P. Theiner, II, 446.)

Rome accepta, en louant « le cœur généreux de l'homme juste » qui était à la tête de la République, des articles qu'elle avait refusés aux hommes de 89. Grégoire était fondé à dire : « Tous les motifs de soumission, toutes les preuves que vous alléguez en faveur du Concordat, sont précisément celles dont nous nous servîmes pour établir qu'il fallait accepter la Constitution civile... Vous avez mis l'Europe en feu, attisé la guerre extérieure et intérieure, causé des massacres, des persécutions, pour faire dix ans plus tard ce que nous fîmes dix ans plus tôt. »

On protesta contre les lois organiques, mais on ne se révolta pas, on ne se fâcha même pas, on se résigna.

Les mêmes hommes qui s'étaient montrés si scrupuleux pendant la Révolution, prêtèrent presque tous au gouvernement de brumaire le serment du Concordat qui faisait d'eux de véritables délateurs. Les consciences étaient, sous Bonaparte, moins ombrageuses et moins délicates qu'au temps où une déclaration de civisme répugnait comme un crime, et où le marquis de Foucauld Lardimalie s'écriait qu'en interdisant les commentaires, la Constituante surpassait la tyrannie des empereurs romains.

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