‹ La séperation de l'église et de l'État en 1794Chapitre 74 sur 88 · Ibid., I · texte numérisé non relu

Ibid., I

dupes, ont-ils au moins répudié l'imposteur lorsqu'il fut démasqué? Eux, qui accablaient d'injures les c< intrus » auxquels ils n'avaient à reprocher qu'une sorte d'incompétence locale, les voici qui, complices d'une fraude scandaleuse, impie, persistent à se servir de ce comédien l , pour entraîner au combat les paysans persuadés qu'un prince de l'Église marche à leur tête et dirige leurs pas.

A propos d'une faction qui continuait les procédés de l'abbé Maury et de ses complices, Royer- Collard prononça à la tribune de la Chambre des députés une parole terrible : a Je ne lui demanderai pas qui elle est, d'où elle vient, où elle va ; elle mentirait. » Ce mot d'un homme si grave marque, mieux qu'un long discours, le caractère propre, distinctif, de la contre-révolution; sous toutes ses formes, en tout temps, elle ment.

Elle nous a fait bien du mal. Faut-il nous en plaindre ?

Oui, si rien ne vaut le repos, la tranquillité, une existence calme et facile, s'il est à souhaiter pour un peuple de n'avoir pas d'histoire.

Mais le bonheur, en supposant qu'il ne soit pas une chimère, mérite-t-il qu'on le préfère à tout?

1. Sur l'apparition du Saint-Esprit sous forme de colombe pendant une messe célébrée par lui, voir le Recueil des actes du Comité de Salut public, X, 94.

Les peuples les plus dignes d'envie sont-ils ceux qui n'ont pas connu d'orages, qui n'ont pas subi de dures épreuves et couru les suprêmes dangers? Voulons-nous végéter et nous engraisser dans une prospérité paisible, ou marcher, n'importe à quel prix, vers la lumière, secouer nos préjugés et nos chaînes, sortir des vieilles ornières pour tenter des voies nouvelles et préparer à ceux qui viendront après nous une vie mieux ordonnée, un monde plus conforme à la raison?

Le voyageur ne visite guère les beaux ruisseaux au bord desquels se reposaient les bergers de l'Arcadie et de la vallée de Tempe; il cherche, à travers des sables arides, les maigres cours d'eau qui furent témoins de luttes épiques, d'héroïques efforts, d'agitations glorieuses, et qui s'appelaient le Xanthe et le Simoïs, le Céphise et l'Ilissus.

Vivere mililare est. La contre-révolution nous a aidés à bien combattre le combat de la vie. Inquiète du sommeil de l'opinion publique, M me Roland souhaitait des actes funestes, des catastrophes, pour réveiller les dormeurs. Elle pleurait le sang versé, mais elle était bien aise qu'il y eut des dangers : « Je ne vois que cela pour vous fouetter et vous faire marcher, » écrivait-elle ! .

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