‹ La séperation de l'église et de l'État en 1794Chapitre 75 sur 88 · Août 1700, 29 janvier 17U · texte numérisé non relu

Août 1700, 29 janvier 17U

La Révolution risquait de s'arrêter, de s'achever trop vite. A la fin du mois de septembre 1791, avant de se séparer, les Constituants déclaraient qu'elle venait de finir, et beaucoup de personnes sérieuses partageaient leur confiance ! ; en matière ecclésiastique, surtout, le but paraissait atteint et personne ne pensait à de nouveaux changements. La Convention elle-même répugna d'abord à s'avouer la nature de la tâche qui lui était imposée. Le 18 mars 1793, Barère lui reprochait sa lenteur, ses hésitations : « La contre-révolution marche, disait-il, et nous ne marchons qu'après elle; nous ne délibérons qu'après les événements... Il faut vous déclarer en état de révolution ou vous êtes perdus. » Cinq jours après, Jean Bon Saint-André écrivait : « Quand on annonça pour la première fois cette vérité salutaire que nous étions une assemblée révolutionnaire, on eut la douleur de la voir maladroitement ou perfidement méconnaître. Il faut dire ouvertement à la Convention : Vous êtes une assemblée révolutionnaire; il faut en tirer les conséquences qu'exige le salut public... Les demi-partis nous ont perdus, peut-être des partis

1. Voir le Précis de Rahaut Saint-Étienne et la fin de Y Histoire de la Révolution par deux amis de la Liberté, édition de; 171)2. Robespierre eût été du môme avis si les aristocrates avaient cessé leurs agressions.

plus courageux ne remédieront pas au mal, mais du moins, s'il faut périr, nous périrons avec gloire. »

Il est imprudent de réduire à des résolutions extrêmes des hommes tels que Jean Bon et ses amis. Nos adversaires pourraient bien s'être trompés dans leurs calculs ; il ne semble pas qu'ils aient gagné autant qu'ils ont perdu.

L'abbé Emery convenait que « le zèle outré de certaines personnes » causait les malheurs où la religion et ses ministres étaient précipités. Il écrivait au pape : « Oh ! si la prudence qui caractérise les actes de votre pontificat avait présidé à tant de décisions données par quelques prélats, et qu'on eût attendu les décisions de Votre Sainteté, l'Église jouirait d'un assez grand calme, et ses ministres, au moins ceux du second ordre, lui auraient été rendus f . »

Opposez au Nil une digue insensée qui lui ferme le chemin de la mer; l'inondation, au lieu de s'arrêter à son niveau naturel, couvrira l'Egypte entière de ravages et de ruines.

Mirabeau avait dit que la contre-révolution, par sa résistance aveugle, risquait de forcer les Constituants à rompre le silence qu'avec un respect religieux ils voulaient garder sur des matières déli-

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