‹ La séperation de l'église et de l'État en 1794Chapitre 86 sur 88 · RESUME · texte numérisé non relu

RESUME

Faisons comme le voyageur

qui, le cœur plein d'espoir, S'assied avant d'entrer aux portes de la ville, Et respire un moment l'air embaumé du soir.

Du haut de la colline, il mesure le chemin parcouru, cherche à l'horizon les sites intéressants, les principaux objets entrevus pendant la journée et les compare à l'idée qu'il s'en faisait la veille. Rappelons-nous ce que l'on nous avait annoncé et jetons un coup d'œil sur ce que nous avons trouvé.

On nous disait, d'une part, que des doctrines subversives, séditieuses, avaient inspiré aux hommes du xvm e siècle la fureur des combats et le goût des ruines; qu'une irréligion philosophique unie à de basses convoitises et à des jalousies malsaines les avaient armés contre leur vieille Eglise; que, dédaigneux de l'expérience, affolés par des abstractions

ou des utopies, ces € jacobins » avaient jeté le monde dans une terrible aventure.

D'autre part, on assurait qu'en matière religieuse ils s'étaient montrés inconséquents, timides, peu loyaux, infidèles à leurs maîtres, qu'ils avaient renié l'esprit moderne, et que leur mollesse pusillanime, servile, avait gâté, énervé, compromis la Révolution.

Voici ce que nous avons entrevu :

Une nation profondément catholique et monarchique croit pouvoir remédier aux abus dont elle souffre et se régénérer, sans aucun préjudice pour l'autel ou pour le trône. Elle est éprise de réformes, de justice, mais en même temps si zélée pour ses vieilles croyances qu'elle tient à leur conserver un empire excessif; son ardente aspiration vers la liberté s'apaise quand il s'agit de la religion. On redoute les secousses violentes, les transitions brusques; on craint de froisser les âmes superstitieuses. On est arrivé à la tolérance, on hésite à aller plus loin, on répugne à diminuer l'autorité du catholicisme. Loin de soupçonner quelque désaccord entre lui et les vœux de la nation, on compte, pour accomplir la Révolution, sur le concours loyal de l'Église de France réorganisée selon la discipline des âges apostoliques.

Trompant cette attente, une grande partie du

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