‹ La septicémie à méningocoque BChapitre 13 sur 18 · OBSERVATION XIX · texte numérisé non relu

OBSERVATION XIX

(Etienne Francfort et Dombray).

t…, 19 ans, robuste et sans antécédents, s’alite le 6 juillet avéc une violente céphalée, des courbatures, des arthral- ‘ gies, une fièvre élevée. Uni médecin l’envoie à l’hôpital.

A l'examen : réflexes olécraniens et radiaux, presque abolis. Rotuliens et achilléens abolis. Réflexes oculaires normaux. Nystagmus horizontal spontané, pas de paralysies, pas de troubles sphinctériens, hyperesthésie généralisée, raie méningitique persistante. Kernig Brudzinsky positifs. Psychisme intact. Vomissements bilieux à l’entrée sans efforts. Pas de purpura, rate un peu grosse. On pose le diagnostic de méningite aigué. Ponction lombaire : liquide louche avec nombreux polynucléaires et diplocoques à Gram négatif. On injecte 40 cc. de sérum polyvalent.

Le 12 juillet : 40 cc. de sérum polyvalent intrarachidien et 30 cc. sous-cutané. ‘

Le 13 juillet : 40 cc. de sérum polyvalent intrarachidien et 40 cc. sous-cutané.

Le 14 juillet : 30 cc. de sérum polyvalent intrarachidien.

Le 15 juillet : 20 cc. de sérum polyvalent intrarachidien.

Le 16 juillet : 10 cc. de sérum polyvalent intrarachidien.

A ce moment, la ponction est difficile, le liquide jaune, épais, les signes physiques sont identiques mais la céphalée moindre. Etat général meilleur. Température aux environs de 38°.

Le 17 juillet : 39°6. Quelques placards érythémateux, douleurs articulaires (éruption sérique).

Le 29 : la température est tombée en lysis, les signes sont toujours marqués. À

Le 30 : Nouvelle poussée thermique. L. C. R. louche où le Docteur Verain identifie le méningocoque B.

Le 2 août : 20 cc. de sérum polyvalent intrarachidien, de même le 4.

Le 5 : la température monte à 40° mais baisse rapide-

ment.

Le 10 : 30 ce. de sérum anti B intrarachidien.

Le 11 : 40 cc. du même sérum. Shock intense, contracture, pouls filant, état syncopal. Le malade reste très déprimé avec une température à type septicémique et du délire. Les signes physiques sont les mêmes avec une arthrite du poignet. La . température revêt le type pseudo-palustre à forme tierce. Le 27 L. C. R. trouble, nombreux polys et nombreux méningocoques. Le 6 septembre, injection de 2 cc. d’autovaccin. Le 9, 2 cc. La température tombe. Le 19 septembre, nouvelle poussée à 39°. On injecte 2 cc. d’autovaccin les 20 et 22. La chute de température devient définitive le 23. On assiste à une véritable résurrection du malade. Le 15, il n’existe plus aucun signe d’atteinte méningée. F... se lève le 2 novembre et se considère comme guéri sans aucune séquelle.

OBSERVATION XX (Gandy et Boulanger-Pillet, Soc. Méd. Hôp. Paris, 10 nov. 1922)

C’est un homme de 40 ans, entré le 13 février 1922 dans le service de M. Gandy, à Lariboisière. Des accès thermiques ont commencé le 2 janvier avec les 3 stades classiques du paludisme, survenant sans horaire fixe, durant 2 ou 3 heures et laissant le malade courbaturé. Six jours avant l'entrée, éruption que le malade ne peut décrire sans myalgies, ni arthralgies.

A l'entrée : température à 37°, qui monte à 39° lors des accès qui sont presque quotidiens. Eruption du type papulonoueux, quelques taches purpuriques. Rate percutable. Aucun signe méningé, même à la ponction lombaire, pas d’hématozoaires dans le sang.

Le 16 février : hémoculture positive au méningocoque B.

Le 19 février : 30 cc. de sérum anti B sous la peau et pendant 24 jours on fera chaque jour 30 cc. de ce sérum intraveineux dilués dans 200 cc. de sérum physiologique.

Les 20 février, 1* et 8 mars : examen négatif du L. C. R.

Le 5 mars : Deuxième hémoculture positive, mais en 48 h,

seulement.

Le 17 mars : autovaccin (1 milliard de germes sous-cutänés).

Le 21 mars : 2 milliards. Le 23 mars : 2 milliards. Le 24 mars : 4 milliards. La fièvre tombe. Le 27 mars : hémoculture négative. L. C. R. normal, Ensemencement du cavum négatif.

OBSERVATION XXI (Gandy et Deguignand, Soc. Méd. Hôp. Paris, 3 nov. 1922)

Ch, cordonnier, 16 ans 1/2, entre à Lariboisière le 27 sept. 1920 pour état fébrile et poussées éruptives. L’affection a débuté le 3 décembre comme une grippe et le lendemain est apparue une éruption purpurique qui s’efface en quelques jours. Le 5 déc. orchi-épididymite droite durant 8 jours. Température irrégulière aux environs de 39°, le 20 poussées éruptives en grosses papules rouges.

A l'entrée : série d’éléments éruptifs d’âges divers, la plupart nettement papuleux du rose au rouge violacé purpurique. Rate palpable. Pas de signes méningés, ce fait est con firmé par la ponction. Le diagnostic est posé de méningococcémie. Première hémoculture négative. Apparition d’accès à type palustre. Le 4 janvier, deuxième hémoculture négative. Du 7 au 17 janvier: 230 cc. de sérum mixte sous la peau, sans résultat. Les signes d’une localisation méningée apparaissent, avec persistance des éruptions purpuriques.

Le 19 : la ponction ramène un liquide louche avec polynucléaires et diplocoques que la mort des premières cultures ne permet pas d'identifier. En 4 jours, jusqu’au 27, on fait 160 cc. de sérum mixte intrarachidien. On fait un abcès de fixation. Le 26, les signes méningés ont rétrocédé, le L. C. R. est clair, sans microbes. On entreprend une sérothérapie intraveineuse. Un séro-diagnostic est partiellement positif au méningocoque B. (1/200). Le malade sort guéri le 21 juillet 1921, mais garde de profondes lésions rénales.

na AT nu

OBSERVATION XXII (Brülé, Soc. Méd. Hôp. Paris, 31 mai 1918)

Min, 27 ans, est pris brusquement dans la soirée du 1 février d’une céphalée violente. Nous le voyons le 2 avec tous les symptômes d'une méningite cérébro-spinale grave. La ponction ramène un liquide trouble riche en méningocoques identifiés en‘°36 heures pour du B. La sérothérapie fut conduite comme de coutume par M. Paoli. 60 cc. puis 40 ce. de sérum polyvalent les 2 premiers jours, puis pendant 6 jours, 40 cc. de sérum B. Le L. C. R. redevient clair au huitième jour, on arrête les injections, les symptômes méningés avaient disparu. La méningite avait été guérie et devait le rester définitivement comme l’ont montré les ponctions ultérieures. Cependant, l’état général demeurait mau-

. Vais, la température oscillait entre 38° et 40°, le malade pré-

sentait une éruption purpurique généralisée. Au quinzième jour, l’hémoculture montrait du méningocoque B. Dès lors le malade devait être considéré comme atteint de septicémie. Cette septicémie persista pendant 2 mois et 5 hémocultures furent positives. Il ne présenta jamais de localisation viscérale. Les symptômes se réduisaient à une fièvre hectique entre 38° et 40°, à des éruptions purpuriques, à un amaigrissement considérable. 2

On chercha à lutter contre l’infection par de hautes doses de sérum sous la peau. Cette sérothérapie ne fut commencée qu’au quinzième jour. |

L’injeetion quotidienne de 40 cc. de sérum n’amena qu’un fléchissement momentané de la fièvre. Les injections furent néanmoins continuées : la dose fut même portée pendant 10 jours à 60 cc, mais la température montait toujours à 40°. Ce ne fut qu'après un mois et demi que le malade commença à s'améliorer, les éruptions s’effacèrent, l’appétit revint. La fièvre persistait encore avec le type tierce d’une fièvre palustre, le méningo B existait dans le sang. Ce n’est qu’au 65me jour que la fièvre céda. Aujourd’hui guérison complète sans séquelles.

OBSERVATION XXIII (Brülé, Soc. Méd. Hôp. Paris, 31 mai, 1918)

Pin... 20 ans, est pris brusquement dans la nuit du 18 fév. de céphalée et de vomissements. Le 19, on l’envoie à lhôpital, M. de Paoli trouve de la raideur et du Kernig. La ponction ramène un liquide clair dont le culot est formé exclusivement de méningocoques : en 12 h. cultures identifiables au méningocoque B. Moins de 36 h. après les premiers symptômes, nous pouvons ainsi injecter au malade le sérum anti B. Cliniquement l’état était très grave avec grosse contracture, délire, agitation. L’hémoculture est positive. Les 19 et 20 fév., 20 et 60 cc. de sérum mixte. Le 20, au soir, 40 cc. de sérum B, puis 40 cc. de ce sérum quotidiennement pendant 6 jours. Malgré cela l’état du malade semble désespéré, le L. C. R. était devenu purulent. Au 5e jour l’état commence à s'améliorer, au 8"° jour la guérison s’affirme, une dernière injection intrarachidienne est faite le 11me jour. Guérison.

OBSERVATION XXIV (Fontanel, Lyon Médical, 10 août 1924)

D... R., du 99e R, I. Entre à l'Hôpital le 7 janvier 1924 pour rhumatisme articulaire aigu, le salicylate l’améliore légèrement. Le 23: malaise intense, céphalée, douleurs généralisées, fièvre à 40°5, pas de Kernig, prostration. Le L. C. R. est normal. Au début de la nuit, le malade s’agite un peu, délire, vomit, puis se calme. Vers minuit, la veilleuse remarque une grande tache rouge sur la face, le malade est déjà dans le coma avec dyspnée intense. Mort à 6 h. Evolution Dolce |

Le cadavre présente une large tache purpurique sur la face, un liquide mousseux, s’échappe du nez ét de la bouche. On dirait un noyé. Quelques taches purpuriques sur le tronc, les membres. Le méningocoque B a été identifié post-mortem

Le

dans l’exsudat d’une tache purpurique. L’hémoculture avait été négative.

Autopsie : Capsules surrénales volumineuses, turgescentes, nettement hémorragiques,

OBSERVATION XXV (Fontanel, Lyon Médical, 10 août 1924)

#..., du 99° R. I. Entre le 27 déc. avec signes de bronchite banale. Le 31, tout est rentré dans l’ordre. Seul persiste un léger coryza. Le 2 janvier il se lève, vers 4 h., frissons, malaises, prostration. Température à 37°5.

Deux ou trois vomissements ia nuit. Le 3, on note une prostration complète, de la céphalée, des douleurs généralisées, pas de Kernig vrai, un purpura disséminé sur tout le corps. Pouls filiforme, extrémités cyanosées et froides. L’hémoculture donne du méningocoque B. L.C.R. normal. Dans la journée, le purpura devient confluent, Mort à 6 h. du soir. Evolution des accidents en 26 h.

Page 1