OBSERVATION IT
(Communiquée par M. le Docteur Chalier)
Gen... Honoré, 24 ans, chaudronnier, est envoyé le 16 mars 1925, pour méningite. Rien à signaler dans ses antécédents. L’affection actuelle a débuté brusquement le 16 mars. Le matin, il ressent une forte céphalée,-pas de rachialgie, mais des troubles visuels. Le malade n’avâit pas de courbatures mais était las. L’après-midi il s’alite. Le médecin vient à 5 h. et depuis il ne se rappelle plus de rien.
A l'entrée, agitation extrême, délire. La température est à 38°1. La ponction lombaire ramène un liquide purée de pois qui contient de nombreux polynucléaires altérés et de nombreux méningocoques intracellulaires.'1 gr. 50 d’albumine. On fait 25 cc. de sérum polyvalent intrarachidien et 25 cc. sous-cutané.
Après une nuit très agitée, le malade est plus calme le matin. On note de la raideur de la nuque, un Kernig positif, un Brudzinsky positif. On trouve 2 ou 3 éléments éruptifs disséminés à type nettement purpurique. La rate est grosse à la palpation. :
Le 17, on fait une ponction, le liquide est eau de riz. On injecte 30 cc. de sérum polyvalent intrarachidien et 30 cc. sous-cutané. Une hémoculture pratiquée est positive. L’examen du sang sur lame montre d’assez nombreux méningocoques intra et extracellulaires.
Forme leucocytaire :
Poly-neutroys etes MM 83 :
Lympho.f sert ee Tee ete 3 Moyens mono. 0 LR ere ere 12 Grands mono. ......... MAS SD 3
Le 23, on a continué 2 ponctions lombaires par jour en injectant 30 ce. de sérum intrarachidien et 30 cc. sous-cutané, le liquide est toujours eau de riz, la raideur toujours aussi marquée, la température se maintient.
Le 24, apparition d’une urticaire.
Le 25, signes cliniques toujours marqués : raideur intense
Me
de la nuque, tête renversée en arrière, température à 39°,
Le méningocoque a été identifié comme étant du B. Le soir nouvelle ponction : liquide extrêmement trouble avec fausses membranes et flocons fibrineux, on injecte seulement 20 cc. de sérum anti B.
Vers la fin de l'injection douleur violente dans le rachis, quelques secousses musculaires dans les membres inférieurs, dilatation pupillaire, congestion de la face. On fait un milligramme d’adrénaline. Le malade revient assez rapidement à l’état normal, mais divague pendant quelque temps.
Le 26 : le L. R. C. est toujours eau de riz avec polynucléaires et nombreux méningocoques. On fait seulement 60 cc. de sérum anti B. sous-cutané.
Le 27 : On fait 1 cc. de sérum intraveineux et 1 h. après 20 cc. dilués dans 30 cc. de sérum physiologique, aucur incident, le malade se sent mieux, il est moins raide, il se plaint de douleurs articulaires aux membres supérieurs. L’hémoculture faite avant-hier est négative. La rate est encore perçue, mais beaucoup moins grosse.
Le 28 : 40 cc. de sérum intraveineux et 30 cc. sous-cutané, la ponction ramène un liquide toujours trouble contenant toujours des méningocoques, quoique plus rares.
Le 1 avril : la température oscille depuis 3 jours entre 37° et 39°5. Les signes méningés sont moins accentués. Arthralgies aux membres inférieurs, mais sans épanchements. Rate toujours perçue. Le liquide est encore eau de riz à formule presque uniquement polynucléaire, contenant d’assez rares méningocoques intra et extracellulaires. Après une injection de morphine et d’adrénaline on fait 20 cc. de sérum intrarachidien et 30 cc. intraveineux sans incident.
Le 2 : la ponction donne un liquide plus clair avec quelques rares méningocoques.
Le 3 : sans qu’on ait fait de ponction, ni d’injection, le malade est dans un état délirant avec phase de mouvements convulsifs et de coma, pupilles dilatées et immobiles, température à 39°5.
Le 4 : Etat meilleur, la température n’est pas remontée le soir, la rate n’est plus palpable.
Le 6 : La température est remontée à 38°. Etat nauséeux, on donne de l’oxygène et de l’huile camphrée,
Le 17 : Le malade allait mieux quoiqu'il ait encore de temps en temps une poussée à 38°. Mais il reste raide, a des douleurs rachidiennes, une pâleur et une maigreur marquées. Aujourd’hui poussée à 39° avec convulsions cloniques et état délirant tout le jour.
Le 18 : Température normale.
Le 21 : Nouvelle poussée à 39°6.
Le 22 : L. C: R. à peu près clair, nombreux éléments polynucléaires et lymphocytes en quantité égale. Pas de microbes. Albumine, 0 gr. 90.
Le 28, avant-hier nouvelle poussée à 39°, céphalée et rachialgie légère, vomissements. Raideur, Kernig et Brudzinsky nets. Le malade se cachectise. En l’absence de microbes dans le L. C. R., on pense à un gîte microbien possible dans les ventricules ou à un cloisonnement méningé. On hésite à proposer une trépano-ponction.
On pratique une désensibilisation et on refait du sérum sous-cutané.
Le 29 : L. C. R., eau de roche. Sans microbes. Réaction ceilulaire abondante (90 lÿmphos et 10 polys). Albumine 0 gr. 65. Sucre, 0 gr. 60. Les injections quotidiennes de sérum sont faites sans incident. AR
Le 6 mai : Eruption sérique urticarienne. Arrêt du sérum depuis 4 jours.
Le 12 mai : Le 10, poussée à 38°6, c’est la sixième depuis le 17 avril. Les clochers paraissent avoir une périodicité régulière de 5 jours. Le malade a l’aspect figé, il somnole. Les vomissements à type cérébral sont moins fréquents, mais reviennent s’il mange. Persistance d’un Brudzinsky positif et d’un léger Kernig.
Le 20 mai : Le malade est resté dans le même état avec un clocher tous les 5 ou 6 jours. Il a encore maïigri, Les signes méningés ont légèrement persisté, depuis le 18 incontinence des matières et des urines, mais rien ne faisait prévoir la mort brusque survenue le 20 mai, à 8 h. du matin, sans convulsions, sans symptômes spéciaux avec deux hoquets.