‹ La Septicémie Péritonéale Aiguë: Post-OpératoireChapitre 12 sur 36 · III. — Diagnostic anatomopathologique · texte numérisé non relu

III. — Diagnostic anatomopathologique

de la septicémie péritonéale post-opératoire.

L'étude anatomopathologique de la péritonite suraiguë montre qu’elle est caractérisée macroscopiquement par les lésions suivantes :

4° Dilatation et vascularisation des anses intestinales : la vascularisation ne manque jamais, la dilatation est plus ou moins prononcée ;

2° Dépoli de la séreuse péritonéale qui est très souvent, pour ne pas dire toujours, poisseuse ;

3° Présence d’une sérosité plus ou moins louche, plus ou moins sanguinolente, dans le petit bassin. La quantité peut en être minime; le plus ordinairement elle est de une à deux cuillerées à soupe; parfois, elle peut atteindre de 300 à 400 grammes;

4° Adhérences très légères de quelques anses intestinales entre elles et, si les lésions ont le temps d'évoluer, petites traînées purulentes, petites fausses membranes;

5° Dégénérescence graisseuse aiguë du foie, qu'on ne peut d’ailleurs constater qu’au microscope, d’une manière précise.

Le diagnostic d'infection péritonéale, déjà établi par ce premier examen, sera confirmé par l’étude bactériologique de la sérosité recueillie au niveau de la plaie abdominale et dans le ventre, immédiatement après la mort. Enfin l'examen du sang du cœur et les coupes des organes, si les résultats sont

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positifs, viendront encore à l’appui de l’origine infectieuse des accidents qui ont déterminé la mort.

Si la plupart des cas ainsi étudiés se trouvent ressortir de l'infection péritonéale, il ne s’ensuit pas assurément que toutes les morts après laparotomie soient dues à la péritonite.

Hémorrhagie. — La mort peut être causée par une simple hémorrhagie : les cas en sont nombreux, indiscutables, et les deux observations suivantes n’ont d’autre intérêt que de me permettre de confirmer personnellement un fait acquis depuis longtemps. Il faut cependant faire remarquer le résultat négaüf de l'examen bactériologique du sang épanché dans le premier cas et l’absence de toute lésion hépatique dans le second.

O8s. — D..., vingt-sept ans. Laparotomie le 3 décembre 1890 à 9 heures du matin : ablation d'un kyste uniloculaire, paraovarien, contenant 10 litres d’un liquide brun, très clair, limpide, non filant. Opération simple dontla longueur n'a pas excédé trente minutes.

La malade, profondément endormie, met un quart d'heure à se réveiller. Jusqu'à 4 h.1/2 du soir, elle se trouvait très bien; pas de douleurs, pas de vomissements, pas d’agitation. À 4 h. 1/2, un vomissement verdàtre peu abondant, sans effort. En même temps la malade commence à se plaindre du ventre et devient agitée. Demi-piqüre de morphine. Le calme revient jusqu'à 5 h. 17/2. A ce moment, vomissementavec effort. La peau se couvre de sueurs froides et la face pälit. L’agitation est extrême, et on ne peut tenir l’opérée dans son lit qu'avec une grande difficulté.

Cette agitation extrême persiste jusqu'à 6 h. 1/2et s'accompagne de douleurs abdominales extrêmement vives. À 6 h.17/2, la malade fait plusieurs inspirations rapides et meurt.

La température vaginale était de 37 degrés au moment de la mort.

Autopsie. — Une heure après la mort. le ventre est rouvert : il contient du sang qui est aspiré dans plusieurs pipettes. L'examen bactériologique de ce sang n’a permis de constater aucun microorganisme. L'autopsie, faite complètement au bout de 24 heures, a montré que la malade était morte d'hémorrhagie intrapéritonéale. La partie externe du ligament large lié s'était échappée de la ligature.

Ogs. — M..., quarante ans. Grossesse extra-utérine rompue dans le ventre. Laparotomie. Mort le soir même, six heures après l'in-

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