‹ La Septicémie Péritonéale Aiguë: Post-OpératoireChapitre 19 sur 36 · VOIES D'INFECTION · texte numérisé non relu

VOIES D'INFECTION

Les principales voies d'apport des germes pathogènes méritent d'être recherchées avec le plus grand soin, car, de leur connaissance résulte la prophylaxie de l'infection.

L'air a été accusé longtemps de transporter les germes virulents, il l’est encore quelquefois (Bumm) : acceptons-le comme porte de sortie pour le chirurzien malheureux.

Les instruments ont été justement inculpés et doivent loujours être l’objet d’une extrême surveillance. Mais leur stérilisation est facile et ce n’est pas encore de ce côté qu'il faut, en l’étatactuel de la chirurgie, chercher la cause des accidents.

Les éponges, les compresses, les soies, le catgut sont régulièrement incriminés dans les cas d'infection. Généralement on les regarde comme mal stérilisés. C’est possible, mais je dois confesser que dans des cas où on les soupçonnait, j'en ai fait et en ai vu faire de nombreuses cultures sans jamais déceler le moindre germe, pathogène ou non. Ïl est plus probable que ces différents objets sont infectés au cours de que l’opération par les aides ou le chirurgien.

Ce n'est point à dire que la qualité des éponges ou du catgut ne doive pas entrer en ligne de compte. Il n'est pas douteux que les éponges qui s’effilochent ou les calgut qui s’éraillent soient mauvais; mais la raison de leur infériorité tient simplement à ce que le catgut éraillé s'infecte plus facilement dans la main de l'opérateur et que les débris d’éponges abandonnés dans une plaie ou dans un ventre peuvent être chargés de microorganismes.

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La main du chirurgien ou de ses aides, telle est la cause la plus ordinaire de l’infection péritonéale et d’ailleurs de toute infection chirurgicale en général (1). C’est elle qui transporte les germes pathogènes et les inocule dans les plaies. Mais il est extrèmement difficile et même impossible d'avoir des mains stériles ; le chirurgien ne peut donc que s’efforcer de restreindre à leur minimum les chances d'infection. Pour ce faire deux précautions sont à prendre : L° employer le moins d’aides possibles; 2° veiller à une propreté méticuleuse des mains.

Nombre d'aides. — Les aides doivent être en nombre très restreint. Souvent on en emploie beaucoup, pour aller plus vite ou parce qu'on n’est pas habitué à opérer seul. C’est la meilleure facon d’infecter ses malades. Dans les cas malheureux que j'ai observés et dont je cite un certain nombre à la fin de ce mémoire un grand nombre d’aides ont été le plus souvent employés. Faut-il rappeler l'observation VIII où dix mains serraient ensemble un pédicule?

Propreté des mains. — ‘Les mains peuvent s’infecter et s'infectent souvent en pratique au cours des opérations : il est facile de toucher une blouse et de s'égarer trop loin du champ opératoire. Cette cause d'infection sera en grande partie évitée, si les opérateurs revêtent des blouses aseptiques et si le champ opératoire est largement protégé par des compresses stérilisées.

Reste à proprement parler la désinfection des mains. Les deux principales causes de septicité des mains sont : 4° l’existence à leur surface d’un point de suppuration; 2° leur contamination par l'examen direct avant l’opération d’affections essentiellement infectieuses.

Tout point de suppurathion à la surface de la main doit étre considéré comme une contre-indication absolue dans la pratique des interventions abdominales. Pour s’en tenir aux seules observations citées dans ce travail, on peut voir que dans les observations V, VI et X le chirurgien avait un petit anthrax du dos de la main, dans l'observation XXIV l'aide direct était atteint d’un panaris, d’ailleurs en décroissance?

(1) Voy. une étude très intéressante sur la bactériologie de la peau et la désinfection des mains, in WeLcu, loc, cit., p, 451,

Enfin dans le cas cité page 90 des accidents graves survinrent et l’aide direct était aussi atteint d’un petit panaris de l’index. La main peut encore être septique, si elle s’est trouvée en contact direct avec des érysipèles, des phlegmons, ete. C’est ainsi que s'expliquent certaines petites épidémies de service dont les suivantes pourraient être prises comme exemples :

1% février : hystérectomie abdominale, mort le 2 février. 3 février : splénectomie, mort le 6 février; le même jour, incision exploratrice de la hanche, suppuration et état infectieux consécutifs. 7 février : cure radicale d’éventration, mort le 12. D'autres cas d'infections à streptocoques et.un érysipèle existaient dans le service.

Je dois ajouter que le service de chirurgie où survinrent ces accidents élait voisin d’un service de médecine où fleurissaient juste à celte même époque des érysipèles, et que des échanges conlinuels se faisaient entre les deux services. Pour qui connaîl l’admirable organisation des hôpitaux, il n’y a rien d’extraordinaire dans ces faits.

De cette petite épidémie, on peut rapprocher la suivante : 2 avril : hystérectomie vaginale et colpopérinéorrhaphie : infection légère de la plaie. —- 4 avril : hystérectomie vaginale, mort le 7 (Obs. XXV). — 5 avril : hystérectomie vaginale et colpopérinéorrhaphie, mort le 46 d'infection.

Il faut retenir de ces faits qu'il est fort difficile de se débarrasser des microbes et qu'il est sage de s’abslenir quand on est envahi par des germes pathogènes.

Un autre mode d'infection, bien différent de ceux étudiés jusqu'ici est la contamination directe du périloine par l’ouverture de tumeurs ou collections intra-abdominales. L’épanchement d’un liquide septique peut assurément causer une péritonite; il est donc important de savoir quels sont les liquides sepliques. Les liquides séreux ne paraissent jamais renfermer de microbes pathogènes (kystes, hydrosalpinx) : tous les auteurs sont d'accord sur ce point, et les quelques examens que j'ai pratiqués ne me permettent que de confirmer à mon tour les données reçues. Les liquides hématiques ne semblent pas beaucoup plus infectieux, bien que leur présence puisse donner naissance à une élévation de température.

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